06. F. Théodule Legault ( F. Alexandre-Joseph )

 

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Frère Théodule Legault (Frère Alexandre-Joseph)

Né le 22 juillet 1905 à Sainte-Scholastique (Deux-Montagnes) Québec

Première profession le 02 février 1922

Décédé le 10 novembre 2001 à la Résidence de l’Éden (Laval) Québec

Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) Québec.

 

Notre Frère Théodule Legault est parti vers la demeure éternelle, le 10 novembre 2001, depuis la Cité de la Santé de Laval.

  Ste-Thérèse Il était né à Sainte-Scolastique, le 22 juillet 1905, de Joseph Legault, cultivateur, et d’Olivine Bourgeois. Il était l’avant-dernier d’une famille profondément chrétienne de sept enfants 2 filles et 5 garçons. Il n’avait que deux ans lorsque son père quitta les siens pour l’au-delà, en 1907, à l’âge de 39 ans. Après ce deuil particulièrement pénible, la famille se transporta à Sainte-Thérèse-de-Blainville et la maman se mit courageusement au travail pour faire vivre et bien éduquer ses jeunes. Elle décédé à 76 ans en 1949.

   Théodule fréquenta, jusqu’en 7e année, l’école de Sainte-Thérèse tenue par les Frères de Saint-Gabriel depuis 1891, tout d’abord rue Saint-Lambert. Il eu entre autres, comme professeur, le frère Christophe qui le marqua par sa culture et son dévouement et lui inspira une grande dévotion à l’Eucharistie. Chaque matin, beau temps, mauvais temps, ce petit bout d’homme assistait à la messe. Petit de taille et plutôt timide, bien que d’une robuste constitution, il se montre un .élève modèle, obéissant et appliqué à son travail scolaire.

   Il fut vite remarqué par le directeur, qui détecta en cet écolier pieux et toujours à son devoir, une vocation religieuse possible. Théodule répondit avec joie à l’appel du Seigneur exprimé par l’invitation du directeur et, à treize ans, il entra au juvénat du Sault-au-Récollet, le jour des Rois 1919. Mais ce ne fut pas sans quelque nostalgie d’une famille et surtout d’une maman qu’il aimait tendrement.

   L’auteur de l’une de ses monographies rapporte combien il lui en avait coûté de laisser Sainte-Thérèse et sa famille pour entrer en communauté. Il avait entendu Théo raconter, dans un de ses rares moments d’épanchement, comment lui, qui avait perdu son père à l’âge de deux ans, n’avait pu retenir ses larmes en suivant du regard sa mère qui retournait prendre le tramway sur la rue Taché, cet après-midi glacial du 6 janvier, en laissant son fils au juvénat. Il sut cependant s’adapter à cet éloignement en se laissant envahir par une vie d’études, de récréations et de prières.

 Théo.Deschaillons  Dès l’année suivante, il passe au postulat. Le maître des novices adresse alors à l’évêque de Montréal la demande de Lettres testimoniales exigées par le Code de Droit canonique pour l’admission d’un sujet au noviciat. En date du 29 octobre 1920, le vicaire général, au nom de Monseigneur Paul Bruchési, signe un écrit libellé en latin, qui témoigne que Théodule Stanislas Legault, qui nous est cher dans le Christ, et qui a longtemps demeuré en la paroisse Sainte-Thérèse, s’est toujours très bien comporté et qu’il n’y a aucun empêchement à ce qu’il soit admis au noviciat.

   Le 2 février suivant, Théodule devient novice. Il porte maintenant la soutane et s’appellera Frère Alexandre-Joseph jusqu’en 1965. Le scolasticat, qui débute un an plus tard, ne le garde que huit mois. Et le voilà déjà promu enseignant et surveillant au juvénat où il était étudiant trois ans auparavant. Encouragé par le Frère Cécilius-Marie, maître des juvénistes, le jeune profès envisage l’avenir avec confiance.

   Vif, souriant, et grand sportif, le nouveau « cher frère » est aussitôt accueilli ; il connaîtra deux belles années d’initiation à l’animation d’une classe. Mais ce n’était là que l’aurore d’une carrière de 47 ans dans de nombreuses écoles parmi lesquelles il revient à maintes reprises : Orphelinat Saint-Arsène, Saint-Tite, le juvénat de Saint-Bruno, l’Assomption, École Richard de Montréal-Est, Saint-Lin, Deschaillons, Saint-Étienne, Saint-Narcisse et Saint-Esprit.

Théo.St-LinL’homéliste, lui-même natif de Deschaillons, ne put s’empêcher de noter, lors des funérailles d’Alexandre, que cette occasion le faisait revenir aux souvenirs de son enfance au collège de Deschaillons et retrouver ce frère à l’aspect un peu timide mais accueillant, qui aimait dérider son entourage de bons mots, cet entraîneur sportif aux lancer redoutables, ce professeur dynamique et méthodique qui s’occupait si bien des enfants de la Croisade eucharistique auxquels il savait inspirer la fierté de leur baptême et son amour de Jésus-Hostie, et qui savait « styler » les enfants de chœur et les servants de messe. C’est son dévouement et toutes ses qualités humaines, plus encore que son séjour de quatre brèves années dans cette paroisse comme membre fondateur de la communauté qui font que longtemps après son départ de cette école, des gens demandaient de ses novelles.

   Mais au-delà de ces aspects caractéristiques non négligeables, il faut souligner ses vertus proprement spirituelles : sa foi en Dieu et son amour pour les siens, sa famille et sa communauté. ll traduisait sa foi par une fidélité quotidienne à la prière, en particulier celle de l’Eucharistie, qui lui était chère entre toutes, et celle du chapelet, une obéissance sans faille au premier signe des ses supérieurs, une attitude souriante d’homme toujours content de son sort et qui ne veut rien exiger pour lui-même.

   Son attachement pour les siens, il l’a élargi aux enfants qu’on lui a confiés au long de sa carrière. La douceur teintée de fermeté qui caractérisait son enseignement, l’ardeur avec laquelle il se livrait aux activités éducatives surérogatoires les plus variées, sa disponibilité à rendre mille petits services à ses confrères aussi longtemps que ses forces le lui permirent, le plaisir qu’il prenait à causer avec eux, son attitude de discrétion, dans des tâches de retraité actif, n’est-ce pas de l’amour authentique?

 Théo.Beaubois  Au cours de son périple à travers nos maisons, il cueille des succès scolaires encourageants. Notons qu’il a joui d’une notoriété particulière à Saint-Tite. C’est que cet homme plus petit que la plupart de ses élèves, était un formidable lanceur gaucher. N’y fut-il pas le lanceur officiel de l’équipe locale de « base-ball », que tout le village admirait et que ses élèves étaient fiers d’avoir à leur tête? Il sut d’ailleurs tirer parti de ce « prestige » pour stimuler les jeunes dans tous les domaines où il pouvait les diriger.

   D’autre part, classier méticuleux et d’une ardeur communicative, il aime le travail et le fait accepter des jeunes. Entièrement donné à sa tâche, il se dévoue aussi dans les activités parascolaires comme nous l’avons noté ci-dessus.

   Après avoir enseigné sept ans à Saint-Tite, il reprend le rythme de la plupart des frères de cette époque : un passage de trois ou quatre ans en de nombreuses écoles. De 1961 à 1965, il est à la fois directeur et enseignant à Fabre, au Témiscamingue, puis se rend au Mont Saint-Gabriel à Saint-Bruno qui a remplacé le juvénat. C’est là qu’il met un terme à sa longue et féconde carrière de classier, mais non à son besoin de dévouement.

   Du tout début à la toute fin de sa longue carrière, il avait pris soin d’écrire d’une main ferme et précise, les noms de tous les élèves qui lui étaient confiés. Comme il faisait précéder chaque nom d’un numéro d’ordre, son carnet toujours en parfait état témoigne que, du 21 octobre 1922 au 17 juillet 1969, Alexandre fut responsable directement de la formation intellectuelle et morale de 998 élèves, qui sont, selon les dernières lignes de notre Règle de vie, « prémices des hommes qu’il a évangélisés ». (RV 83)

   Pendant six ans, il remplit le rôle de surveillant de jour du groupe des étudiants pensionnaires à notre Pavillon Montfort du Collège Marie-Victorin. Il devient ensuite de 1975 à 1982, économe adjoint à la Villa Grand Coteau. Théodule prit alors résidence au Manoir Beaubois de Pierrefonds. Homme d’entregent, toujours souriant, il est disponible pour tous genres de corvées qui surviennent dans les fraternités. Il aime aussi causer et sait tirer parti des occasions quotidiennes pour faire plaisir à ses confrères. Il profite des fêtes locales, des anniversaires et des célébrations, pour réjouir la maisonnée par des chansons appropriées et remplies d’humour.

   Modeste et réservé, il était aussi capable de fines plaisanteries dans un groupe restreint. Il aimait se rendre fréquemment chez le frère imprimeur du Collège Beaubois et se plaisait à brocher et à mettre en ordre les documents préparés pour les diverses classes. Il passait aussi une partie de son temps à classer les sacs de timbres oblitérés qui parvenaient assez régulièrement à Beaubois et les remettait ensuite à un confrère pour qu’ils soient vendus au profit de nos œuvres d’Haïti. Lors de ses marches quotidiennes, il aimait à causer aux élèves à leur sortie de classe. Ses souvenirs de jadis lui revenaient à l’esprit.

 ThéoduleL. Comme il arrive souvent aux anciens, il avait sa place réservée à table, voyait revenir avec grande joie la célébration de son anniversaire de naissance, était ravi d’être conduit de temps à autre chez les membres de sa famille ou en quelqu’une de nos fraternités, tout spécialement aux Grèves de Contrecoeur.il était très fidèle à faire sa marche de santé quotidienne et, assez souvent, il se risquait même en des parcours trop peu sûrs à son âge.

   Aussi, en décembre 1994, presque nonagénaire, à sa propre demande et sur recommandation de son supérieur local. Il entre à la Fraternité Saint-Gabriel de Laval. Il y coule des jours heureux dans la sérénité, la prière, la lecture et la participation active aux cérémonies liturgiques, en compagnie d’autres retraités qui aiment revivre ensemble les jours de jadis et s’intéressent toujours aux événements qui se déroulent dans l’univers, et surtout dans les pays où oeuvrent les gabriélistes.

   En 1999, alors qu’il a atteint 94 ans, on juge qu’il serait plus en sécurité s’il était entouré de soins assidus, et il monte au cinquième étage de la même institution de Laval. En juillet 2001, en prévision d’une fermeture prochaine de l’infirmerie inter-communautaire, les supérieurs voient au transfert de Théodule et de quelques-uns de ses compagnons à l’Éden, maison pour personnes retraitées. Toujours paisible et docile, Théodule est prêt pour le grand voyage qui sera le plus heureux qu’il ait jamais rêvé de faire et qui le comblera éternellement dans les parvis de la Jérusalem céleste.

   Ce qui est magnifique dans ce départ, c’est qu’il le regardait venir, qu’il l’avait comme domestiqué. Ainsi s’applique à Théodule le texte du Livre de la Sagesse : « Dieu l’a mis à l’épreuve et l’a reconnu digne de lui. Comme on passe l’or au feu du creuset, Dieu a éprouvé sa valeur et il l’a accueilli près de lui ».

                                                                   Frère Adélard Faubert

18.L.Desro.C-A.Session

De g. à d.: Frère Théodule Legault, 1er de la 1ère rangée

Rome – La session des anciens – 25 Frères venus de neuf secteurs : Afrique Équatoriale, Belgique, Champlain, Malaisie, Madagascar, Montréal, Nantes, Poitiers et Saint-Laurent

Lors des fêtes organisées par la paroisse de Ville-Marie en l’honneur du Frère Arthur Bergeron qui était proclamé le citoyen de l’année 1978, et qui fêtait 50 ans de vie religieuse. De gauche à droite : 1er rang : FF. 1. Jacques Blais, 2. Arthur Miron, 3. Marcel Raymond, 4. Rosaire Halley, 5. Georges-Émile Bolduc, 6. Germain Lacoursière 2e rang : FF. 1. Alexandre Leclerc , 2. Gérard Deshaies, 3. Théodule Legault 3e rang : FF. 1. Jean Martel 2. Charlemagne Dion, 3. Alexandre Landry, 4. Robert Desrosiers 4e rang : FF. 1 ? , 2.Édouard Rivest, 3. François Tessier, 4. Albert Daudelin 5e rang : FF. 1. André Forget, 2.Alphonse Perras, 3. Roger Gagnon, 4. Jacques Vézina, 5. Rodolphe Proulx, 6. M. Fortin, 7. Jean-Louis Bolduc.

Lors des fêtes organisées par la paroisse de Ville-Marie en l’honneur du Frère Arthur Bergeron qui était proclamé le citoyen de l’année 1978, et qui fêtait 50 ans de vie religieuse.
De gauche à droite : 1er rang : F.F. 1. Jacques Blais, 2. Arthur Miron, 3. Marcel Raymond, 4. Rosaire Halley, 5. Georges-Émile Bolduc, 6. Germain Lacoursière
2e rang : F.F. 1. Alexandre Leclerc , 2. Gérard Deshaies, 3. Théodule Legault
3e rang : F.F. 1. Jean Martel 2. Charlemagne Dion, 3. Alexandre Landry, 4. Robert Desrosiers
4e rang : F.F. 1 ? , 2.Édouard Rivest, 3. François Tessier, 4. Albert Daudelin
5e rang : FF. 1. André Forget, 2.Alphonse Perras, 3. Roger Gagnon, 4. Jacques Vézina, 5. Rodolphe Proulx, 6. M. Fortin, 7. Jean-Louis Bolduc.

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