33. F. Alain Gagnon ( F. Genès d’Arles )

Alain.Gagnon                     gagnon-alain-2                              

 Frère Alain Gagnon (Frère Genès d’Arles)

Né le 1er mai 1931

à Rivière-Ouelle (Kamouraska), Bas Saint-Laurent, Québec

Première profession le 02 février 1950

Décédé le 27 janvier 2015,  à la Rés. De-La-Salle, Sainte-Dorothée (Laval) Québec

Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) Québec.

Notre-Dame-de-Liesse, Rivière-Ouellwe

Notre-Dame-de-Liesse, Rivière-Ouelle, où Alain a été baptisé.

 Notre Frère Alain Gagnon nous a quittés, le 27 janvier 2015. Il était né à Rivière-Ouelle, le 1er mai 1931, de Léon Gagnon, cultivateur, et de Georgiana Beaupré. Alain se souvient de son père comme « d’un homme fier, courageux, dévoué, fidèle à ses amis et surtout à la pratique religieuse traditionnelle ». Sa mère était « une personne très bonne, entreprenante, ingénieuse, ordonnée, active et fière, d’une grande piété et d’un dévouement  inconditionnel pour les siens ». À  pareille école, les enfants savaient quelle route ils devaient suivre dans la vie. Dans cette vaillante famille, la vie était rythmée par la religion, l’école et le travail à la maison et sur la ferme. « Il nous restait quand même du bon temps pour le jeu, la lecture… ».

De la 1re à la 8e année, Alain fréquenta l’école no 1 du village. Il aimait « plus ou moins» la classe et «mon intérêt n’y était pas». Vers 14 ans, cet adolescent d’une famille de 14 rêvait de continuer à vivre une vie fraternelle « sur le modèle qu’il voyait dans la paroisse » : les dix religieuses du couvent, ainsi que celui de son frère Léonce, junioriste chez les Oblats. Il était servant de messe au couvent et y travaillait pendant les vacances d’été. Enfin, le contact avec notre Frère Octave (Lorenzo Destroismaisons) qu’il rencontra à l’église, alors qu’il était en visite chez son oncle, l’orienta vers Saint-Gabriel, dont le Juvénat de Saint-Bruno était fort loin de Rivière-Ouelle.

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Frère Alain, couturier au Noviciat (1er à droite)

Avec l’encouragement de ses parents, il y entra en 1947. Comme il avait déjà 16 ans, il passe au Postulat-Noviciat de Pierrefonds  quatre mois plus tard. Les premières semaines d’ennui écoulées, Iil fut charmé par les sites de Saint-Bruno et de Beaubois, leurs fêtes liturgiques et communautaires, leur ambiance amicale et chaleureuse, et il se mit de grand cœur à l’écoute de ses guides dont il appréciait grandement les conférences et la direction. Le noviciat terminé, il manifesta le désir «d’être aux emplois manuels, plutôt qu’à l’enseignement». Aussi ne fit-il qu’une année de scolasticat.

Pendant les cinq années qui suivirent, il travailla comme couturier au noviciat de Pierrefonds, puis au scolasticat et enfin, à la Maison provinciale. De 1956 à 1970, Alain se dévouera à l’Orphelinat Saint-Arsène qui abritait quelque 480 pensionnaires. Il avait naguère préféré qu’on ne le destine pas à l’enseignement; cependant, de 1956 à 1963, il devint professeur, poste qu’il remplit d’ailleurs avec le plus grand succès. Il se fit aussi animateur de la Croisade eucharistique. Alain comprenait  les jeunes et s’intéressait à chacun d’eux; et les jeunes le lui rendaient bien par leur docilité et leur empressement à suivre ses avis.

Le personnel de l’Orphelinat était alors composé de deux groupes : les enseignants et les «éducateurs» : ceux qui avaient la charge des jeunes en dehors des heures de classe. En 1963, Alain qui avait suivi les cours de formation appropriés devient «éducateur». Il manifesta dans cette fonction, un goût et un art innés pour la direction et la formation des jeunes. Organisation et présidence des jeux, surveillance des dortoirs, des repas, formation des jeunes à l’ordre, à la propreté, au respect des autres, aux bonnes manières,… telle fut la tâche qui lui revint et dont il s’acquitta à merveille jusqu’en 1970.

Orphelinat Saint-Arsène

Orphelinat Saint-Arsène

Après un séjour de quelques mois à Rome, pour le ressourcement spirituel et montfortain du Second noviciat – séjour qu’il refera plus tard en y ajoutant la visite des Lieux saints et le pèlerinage sur les Pas de Montfort – il revient à l’Orphelinat saint-Arsène, à titre de «directeur de la Vie étudiante». De 1970 à 1975, il eut la responsabilité de tous les élèves et, indirectement, des éducateurs et des maîtres.

À compter de 1975, l’Institution n’hébergea plus de pensionnaires, ce qui laissait libres de nombreux locaux. Alain et deux autres Frères en tirèrent parti pour y loger une quarantaine de jeunes  qui désiraient poursuivre leurs études avec les externes, tout en passant les moments libres, les soirées et les nuits dans les pièces aménagées en salles de séjour, d’études ou en dortoirs.

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Directeur du Havre Familial, (Alain au centre)

Quand un incendie détruisit la majeure partie de l’édifice, et que les Frères durent quitter cette institution qu’ils avaient dirigée pendant 70 ans, Alain fut nommé directeur du Camp Marcel devenu depuis Havre familial), à Sainte Béatrix. Pendant 22 ans, il pilota cette œuvre qui fait toujours l’admiration de tous ceux  qui la visitent. Il s’assura que tout réponde aux attentes : chalets, jeux pour les enfants, aménagements paysagers, écrins de verdure, sports nautiques, hébertisme, sentiers dans les bois, auberges, pistes de skis, glissoire, patinoires, sous la surveillance constante de moniteurs et de monitrices qualifiés. Il veilla à ce que les familles pauvres aient droit à des périodes de vacances gratuites…

IL ne négligea pas pour autant  la direction de ses confrères qui tous étaient enchantés d’être sous sa fraternelle obédience et partageaient volontiers les points de vue et les projets d’un guide, aussi stimulant par ses conseils qu’entraînant par son exemple,

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Retraité au Chalet Beaubois (Alain à droite)

Tous ceux qui ont connu Alain ont admiré ses authentiques valeurs évangéliques, son ouverture à l’autre, son dévouement en tout ce qu’il entreprenait, son esprit positif et toujours encourageant pour ceux avec qui il travaillait. Des confrères qui n’avaient pas tardé à reconnaître ses éminentes qualités, l’avaient élu, à un moment, conseiller et assistant provincial. Le secret de sa réussite, en dehors de son  inviolable consécration à Dieu sous la bannière gabriéliste, fut son accueil inconditionnel de l’autre, son art de vivre, son esprit d’adaptation et de coordination pour obtenir de chacun le meilleur de lui-même.

Quand sonna l’heure de la retraite, Alain, qui avait rempli avec brio, modestie et enthousiasme, une carrière aux multiples facettes, se retira d’abord à la communauté de Beaubois pendant quelques années, accepta de prendre durant 3 ans la direction de notre infirmerie à la Maison Saint-Nicolas, puis se joignit à ses confrères de la Résidence De-La-Salle, à Laval, le 5 janvier 2010, où il put recevoir les soins requis par son nouvel état de grand patient.

Atteint de la maladie du Parkinson rigide, il vécut avec beaucoup de sérénité ses dernières années. Il occupa ses heures à la visite des confrères malades, à la lecture, à la prière pour tous les amis de toujours, et à l’Action de grâce pour les bénédictions de Dieu tout au long de sa vie de dévouement religieux.

Rendons gloire et louange à Dieu pour tout le bien qu’il a accompli en notre Frère Alain et par lui, dans la société et dans l’Église durant sa vie.

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FUNÉRAILLES DU FRÈRE ALAIN GAGNON

ÉGLISE DE LA VISITATION DE LA BVM

LE 2 FÉVRIER 2015

 ACCUEIL

 Frère Alain,

En ce 2 février, jour où l’Église célèbre la Présentation de Jésus au Temple, qui est aussi le jour qui marque le 65e anniversaire de ta profession religieuse, nous célébrons, Alain, ton entrée dans la demeure de ton Seigneur. Celui-ci qui t’attendait, te préparait une belle place et il t’a enfin fait signe de venir. Tu avais donc toutes les raisons du monde, mon frère de partir en paix.

 Frères et Sœurs,

Nous avons  tenu à accompagner Alain à son dernier passage à l’église. Devant la réalité de la souffrance et de la mort, nous sommes embarrassés. Nous ne savons trop que dire. Aussi, à court de paroles, nous posons un geste : nous nous rassemblons.

 C’est un geste de solidarité humaine, d’amitié, d’estime, de respect. Il faut y voir surtout un geste  foi. Pour moi, notre présence dans ce  lieu, autour de sa dépouille est un signe de la présence de Dieu auprès de chacun de nous à notre mort, de Dieu qui est là pour nous accueillir chez lui au bout du chemin de notre vie.

 L’eau sainte avec laquelle je vais asperger son corps, nous reporte au  Baptême, le premier appel à une vie d’amour avec Dieu. Elle est aujourd’hui imploration à Dieu pour qu’il reconnaisse celui qu’il a choisi et qu’il se souvienne de tout ce qu’il a fait de beau, de bien et de grand dans sa vie et pour qu’il pardonne les ombres qui ont terni son existence.

 Ce geste d’aspersion, il vaut aussi pour nous.

 LA  CROIX

Frère Alain, nous nous sommes réunis sous l’image de la croix. Maintes fois tu as entendu cette parole : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa  vie pour ceux que l’on aime ». Cette parole, Jésus ne s’est pas contenté de la dire, il est allé jusqu’à donner sa vie sur une croix.

Désormais la croix nous rappelle que l’amour est plus fort que la mort. Frère, tu viens  de vivre ton passage, c’est déjà ta Pâque. Un jour tu ressusciteras.

LA  LUMIÈRE

Et, près de ta dépouille, nous avons placé le cierge pascal. Il nous rappelle que u as reçu la lumière au jour de ton Baptême. Cette lumière était celle du Christ ressuscité. Ta lumière a dû, â certains jours vaciller, à d’autres, elle fut ranimée. À nos yeux elle semble désormais éteinte, aux yeux de Dieu elle brille toujours.

ACTE  PÉNITENTIEL

 Dieu est l’ami de la vie et il ne veut pas la mort. C’est pourquoi en son Fils Jésus il a partagé nos peines et nos souffrances. Au début de notre prière, laissons monter le cri de notre foi.

  • Seigneur, tu nous rappelles qu’il ne faut pas que nous nous laissions écraser par l’épreuve sans voir la lumière au bout du chemin. Prends pitié de nous.
  • Ô Christ, la fin terrestre de notre frère nous montre éloquemment que la vie naît de la mort et que nous devrions réagir positivement à nos petites morts quotidiennes. PPN.
  • Seigneur, tu nous apprends à ne pas vivre dans un souvenir simplement humain de nos frères et de nos soeurs disparus, en oubliant que leur vie est l’aboutissement de leurs efforts, de leurs travaux, de leurs échecs et de leurs réussites. PPN
  • Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde…

ORAISON

Il a fallu la mort pour qu’Alain, notre frère et notre ami ne souffre plus, mais c’est pour nous la source d’une autre douleur.

Nous nous tournons vers toi, Seigneur notre Dieu.

Nous savons qu’après l’agonie de ton Fils Jésus et sa mort sur la croix, tu l’as ressuscité d’entre les morts.

Fais-nous découvrir, en suivant ses pas, que le chemin du Calvaire conduit tous ceux qui le gravissent jusqu’au soleil du matin de Pâques.

Par Jésus Christ, ton fils et notre frère, qui vit et règne avec toi dans l’unité d’amour de l’Esprit Saint, pour les siècles des siècles.

INTRODUCTION A LA PAROLE DE DIEU

 La Bible, dont nous allons parcourir trois petits extraits, n’est pas un livre comme un autre.

Pour les Chrétiens comme pour les Juifs, elle est le livre dans lequel Dieu nous découvre son visage.

Au désir et à l’attente des hommes, à leurs joies, à leurs peines et à leurs révoltes, Dieu répond en disant qu’il est non pas un Dieu justicier et lointain mais un Dieu proche qui aime les hommes avec un cœur de père.

Laissons à présent Dieu lui-même nous dire sa tendresse et sa fidélité. Sa parole donne force et lumière, elle est une Bonne Nouvelle pour toute personne qui l’écoute.

 

HOMÉLIE

   2 Cor. 4, 14-5,1                                           Marc, 15, 33-34a. c.37-39; 16, 1-6

Sœurs et Frères bien-aimés,

 Frère Alain est parti.

Ces mots sont encore difficiles à prononcer. La réalité est dure pour nous, ses proches, même si nous savons qu’il était temps que s’achève son interminable agonie. Vous, Frère Daniel Croteau, supérieur de la Résidence De La Salle, vous ses infirmières et préposéEs qui l’avez accompagné assidûment avec nous dans  sa maladie jusqu’à ce 26 janvier dernier, avons vécu ces derniers jours trop intensément pour qu’il me faille élaborer longuement. On ne m’en voudra donc pas d’être bref. De plus, je serais bien incapable d’exprimer ce qui s’est passé pour Alain et pour nous tous dans ces jours-là. Il y a des temps de croissance qui s’accueillent mieux dans le silence.

 Un mystique ancien parlait de sa vieillesse et de sa mort qui approchait. Il disait que Dieu, en lui retirant ses forces une à une, agissait avec lui comme une mère avec son enfant qu’elle dévêt pour la nuit avant qu’il s’abandonne et se repose entre ses bras. Cette image nous parle du nécessaire détachement de tout ce qui nous a englués et nous a empêchés jusque-là de lui faire toute la place qu’il mérite dans notre cœur. Cette belle image en rejoint une autre plus ancienne encore et plus traditionnelle. Je vous la propose comme une gerbe de fleurs spirituelles que vous conserverez chacun en votre cœur : Les premiers chrétiens disaient  que la mort était « jour de naissance »,  comme si nos années de vie terrestre étaient la gestation qui prépare le surgissement dans la véritable lumière. C’est d’ailleurs, inspirée par cette façon de voir, que l’Église fixe la fête des saints au jour de leur décès.

 On a fait plusieurs fois la comparaison : si l’enfant, quelques jours avant sa naissance, savait qu’il va quitter l’intimité de sa mère et être exposé aux chocs du dehors, quelle ne serait pas son angoisse! De même, il n’est pas anormal que l’approche du jour de la mort, pour nous ou pour ceux qui nous sont chers nous fasse frémir jusqu’au tréfonds de notre être.

 Pendant plus de cinq ans, nous avons été témoins des batailles courageuses d’Alain avec la réalité de sa maladie et l’incertitude de son avenir. Mais nous avons aussi été les témoins édifiés des signes de l’abandon de lui-même au Seigneur; abandon de sa résidence de Beaubois et de sa fraternité qu’il aimait, abandon progressif des soins de son corps à des mains expertes et attentives, jaillissement des sentiments qui l’habitaient en vérité pour chaque personne, accueil de ses peurs et de ses espoirs, difficulté à se faire comprendre, acceptation de stages en hôpital, puis du supplice de la contention devenue obligatoire. Ainsi comme le dit Saint Paul, l’être extérieur s’en allait en ruines, mais l’être intérieur se renouvelait de jour en jour, pour devenir la belle demeure que Dieu achevait de se préparer.

 Mystère de la souffrance, si cruelle par moments, si inutile semblait-elle. Que de fois la question est montée, en lui sûrement, en en nous peut-être : « Pourquoi? » Pourquoi faut-il que la naissance ultime se fasse, à nouveau, dans un accouchement de sang et de larmes? Il n’y a pas de réponse à cette question troublante. Nous savons seulement que Jésus lui-même a éprouvé les affres de l’agonie et qu’il a donné un sens à ces heures atroces en les donnant à Dieu « pour la multitude ». Beaucoup de saints et de saintes reconnus, Saint Jean-Paul II par exemple, ou tant d’autres inconnus, ont suivi Jésus quand le chemin de croix s’est ouvert devant eux. S’il le fallait, resterait pour nous à mettre nos pas derrière ces aînés, en ouvrant nos pauvres mains et en priant comme eux.

 Les vagues de prière et d’amour qui ont rejoint et touché Alain durant tous ces jours d’agonie, lui ont sûrement été une force à l’intime de lui-même, pour répondre au dernier « si tu veux me suivre » du Seigneur et à son dernier « oui » à lui. Ces mêmes prières et la tendresse que tous et chacun de nous lui portions, l’ont pour ainsi dire bercé jusqu’à la Maison de Dieu au beau jardin des recommencements, au Royaume de la vie.

 Réunis autour de lui, nous prions encore ensemble aujourd’hui, mais d’une autre manière. Nous sommes invités à entrer dans sa prière qui doit ressembler à ceci depuis lundi dernier : « Voici le jour du repos. Aie pitié de moi Père, à ce moment où ayant fini ma tâche, je me tiens devant Toi comme un enfant dont on examine les mains. Les miennes sont quittes. J’ai fini ma journée, un peu plus tôt que je l’aurais voulu, il est vrai, mais j’ai semé tout mon blé et je l’ai moissonné et, du pain que j’ai produit, mes parents, mes élèves, mes confrères, mes amis ont communié. À présent je suis sur le seuil de ta porte et une joie inexprimable est en moi car je sais que la lumière qui s’amenuise à la fin du jour s’en va pour revenir au matin avec la douceur d’un enfant qui s’éveille ».

 « J’ai fini ma journée, j’ai semé tout mon blé et je l’ai moissonné… » Quelle journée bien remplie que celle de notre cher Alain, lui qui, avec son intelligence profonde des personnes et des choses, s’est dévoué pendant plus de quarante ans, en pédagogue averti et en homme de relations consommé, auprès des jeunes à l’OSA, des familles,         et de ses confrères au Havre Familial. Je ne m’étendrai pas ici sur ses mérites insignes, puisque tout ou presque est dit dans le feuillet souvenir qui nous a été offert.

 Vous me permettrez bien encore une réflexion de circonstance, elle m’est inspirée par les propos que j’ai tenus à Alain quelque temps avant sa mort. Quelque temps après lui avoir donné l’Onction des malades, je l’ai invité à renouveler ses vœux religieux et sa consécration à Jésus par Marie, je lui ai proposé d’offrir sa vie à Dieu, lui soulignant que cette offrande était la mise en œuvre de notre sacerdoce baptismal et que c’était le plus grand acte d’amour qu’il nous est possible de présenter à Dieu en nous unissant au sacrifice sauveur de Jésus sur le croix, qu’il renouvelle en chaque Eucharistie.

 Avant sa mort, en effet, Jésus n’a célébré qu’une fois l’Eucharistie, la Pâque qu’est l’Eucharistie. « Voici le pain, voici le vin. Voici mon corps, voici mon sang. C’est ma vie que je vous donne. Je vous la donne sans en rien retenir, parce que mon amour pour vous est sans limite, sans retenue».

 Ce qu’Il a fait le soir de la Cène, Jésus le refit le lendemain, mais d’une autre manière. Après la Pâque rituelle juive, vint la Pâque du Vendredi Saint, celle de la vie immolée, offerte sur la Croix, celle qui conduit au matin de Pâques et qui fait entrer dans une vie nouvelle. Le message du Vendredi Saint est le même que celui du Jeudi Saint : « Voici mon corps, voici mon sang, voici ma vie, voici tout mon être qui vous est donné sans retour parce que vous êtes mes bien-aimés ».

 Cette Eucharistie que Jésus n’a célébrée qu’une seule fois avant de mourir, nous sommes invités à la célébrer des centaines de fois avant notre propre mort. Chaque célébration nous rappelle ce que Jésus a fait pour nous et ce que nous avons à faire à notre tour « avec lui, par lui et en lui ». Nous avons à nous offrir, à nous donner, à vivre dans l’amour pour que la vie ne soit pas entravée, pour qu’elle se diffuse en abondance autour de nous et partout dans le monde.

 Cette Pâque qu’est l’Eucharistie est une source de vie. Source jamais tarie, toujours renouvelée, à jamais vivifiante. Celui qui a « ardemment désiré », le soir de la Cène, manger la Pâque avec les siens, désire aujourd’hui, d’un même désir, la manger avec nous, pour que notre vie, comme la sienne, soit entièrement livrée, entièrement offerte à Dieu et aux autres, entièrement et chaque jour traversée par l’amour, seule chose qui importe vraiment.

 Je vous invite maintenant, frères et sœurs, à sourire à Dieu, à regarder vers Jésus Christ Sagesse qui nous précède dans la mort et la résurrection, le « passage » de la Pâque. Murmurons donc en paix avec Alain : « Par Lui, avec Lui, et en Lui » pour que notre offrande vienne, comme le grain de blé donné à la terre, rejoindre le pain de l’Eucharistie.

 Amen.

 

PRIÈRE  UNIVERSELLE

 Célébrant :

La Bible nous dit que « la vie  de la personne, ici-bas, n’est qu’un souffle ; qu’elle est comme un jour qui passe ». Seigneur, nous voulons te rendre grâce pour cette admirable et méritoire « journée » de vie que tu as donnée à notre Frère Alain.

  • À l’aube de sa vie, tu as accueilli Alain comme ton enfant bien-aimé. Avec ses parents Georgianna et Léon, tu l’as entouré d’affection et de tendresse, le tenant tout contre ta joue. Pour la vie que tu lui as donnée, Béni sois-tu Seigneur
  • Au matin de sa vie, ce furent les premiers mots, les premiers pas, les premières découvertes. Pour ces années d’enfance heureuse à Rivière-Ouelle pendant lesquelles notre frère a commencé à se remplir les yeux de la beauté de ta création, Béni sois-tu Seigneur.

Tout au long de cette matinée qu’est l’adolescence, il a cherché sa voie et il a découvert que tu l’appelais à suivre Le Frère Octave (Lorenzo Destroismaisons) dans la belle grande famille gabriéliste. Tu lui as donné le courage de faire ses adieux à sa famille de la terre et à ses amis. Pour ton respect de son choix de vie et pour l’appui que tu lui as donné,   Béni sois-tu Seigneur.

  • Au midi de sa journée de vie, tu lui as donné la force dont il avait besoin pour se préparer par une formation sur mesure à servir ses frères, les jeunes et les familles qui leur étaient confiés, tu l’as épaulé dans sa tâche d’homme consacré, pour faire face à ses engagements, pour encaisser les coups durs de la vie. Pour toutes tes attentions envers notre frère,   Béni sois-tu, Seigneur.
  • Trop tôt, le jour a baissé, l’obligeant à sacrifier en partie, la réalisation du projet qu’il chérissait, celui d’une paisible retraite. Pour cette sagesse de l’âge mûr qui invite à tourner son regard vers d’autres horizons,  Béni sois-tu, Seigneur.
  • Et le soir est venu, dans de pénibles souffrances, mais avec la satisfaction du devoir accompli. Entouré de ceux et celles qui l’avaient accompagné au long de sa journée de vie, il a fait sereinement le grand pas vers ta Maison, où tu l’as accueilli dans ta joie. Pout tout ton amour pour notre frère Alain,  Béni sois-tu, Seigneur.

Conclusion par le célébrant

Seigneur Jésus, toi qui es là, au milieu de tous ces croyants rassemblés en ton Nom, écoute nos supplications et daigne répondre à nos appels.

Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. 

 

INTRODUCTION À L’ADIEU

 

Voilà arrivé le moment de confier Frère Alain à celui qui a dit « Je suis la vie ».

Notre frère nous quitte avec tout ce qu’a pu contenir sa vie, de grandeurs et de faiblesses, de force et de fragilité.

Nous et tous ceux et celles qui l’ont côtoyé de près avons connu son grand cœur, son dévouement, sa douceur, ses attentions, ses talents, sa diplomatie et son sourire.

Il part avec ses secrets, ses souffrances et ses joies. Ses succès de vaillant éducateur, de religieux exemplaire, de responsable rassembleur, d’ami de la nature et des animaux ; il emporte aussi sans doute quelques insuccès et quelques échecs. Comme le chante Félix Leclerc : « Au paradis, ce n’est pas la place pour les souliers vernis ».

Il s’envole, laissant à ses proches l’impact de ses ombres et de ses lumières.

Dans quelques instants, en bénissant son corps, je voudrais rappeler le jour de son Baptême. Ce jour-là, ses parents et ses frères et soeurs aînés, ont formulé et souhaité pour lui toutes les chances et toutes les espérances de vie et de bonheur.

Au moment de cette nouvelle et pénible naissance qu’est la mort, nous voulons croire dans la foi, que c’est maintenant plus que jamais pour lui le temps de se laisser aimer de celui qui lui a fait signe au début de sa vie.

Recueillons-nous dans cette pensée.  

 

ENCENSEMENT

 

Voici l’encens qui brûle comme un parfum de prix, car précieuse est la vie aux yeux de Dieu. Voici l’encens qui monte vers toi, Seigneur, comme l’offrande d’une vie.

Merci pour les traces profondes laissées par cette vie qui s’est donnée et qui s’offre à toi Seigneur. Merci pour la vie parfumée d’aromates et de fleurs que tu nous promets, Seigneur.

Donne à notre frère de goûter ce bonheur du jardin de Pâques et donne-nous de garder la saveur de la foi et le sens de la prière.

En signe de respect pour toi, cher Frère Alain, voici cet encens, qu’il monte devant Dieu avec notre prière

 

ASPERSION

 

Voici l’eau de la vie, l’eau qui lave, qui guérit, qui désaltère. Voici l’eau du baptême  qui nous plonge dans la mort du Christ pour ressusciter avec Lui.

Pour l’eau qui nous a donné la vie nous te remercions Seigneur, pour le bonheur éternel qu’elle nous promet, nous te rendons grâce, Seigneur.

Donne à notre frère d’être désaltéré à la source d’eau vive et donne-nous d’être réveillés dans notre foi en la vie du Royaume, Seigneur.

Nous espérons et nous croyons que tous nous ressusciterons! En signe de cette foi, je bénis ce corps au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

  (Inviter ses proches à poursuivre l’aspersion)

 

 ADIEU

 

Alain, c’est le prénom que tu lui as donné, Seigneur, au jour de son Baptême et par lequel tu continues à l’appeler comme ton enfant bien-aimé à qui l’on apprend les premiers pas de la vie.

Ce prénom porte la tendresse que tu lui as promise une fois pour toutes, et, nous le croyons, jamais tu ne retires ce que tu as promis.

Par ce prénom, tu l’as appelé, à progresser selon l’Évangile à se donner et à se dépasser à l’image de ton Fils pour le bonheur des siens.

Par ce prénom, tu lui faisais signe pour le faire revenir quand il s’éloignait de toi et pour lui sourire de pardon.

Aujourd’hui, Seigneur, comme un père qui ouvre ses bras, tu l’invites avec ce prénom à s’approcher de toi et tu lui dis : « Alain ! Ne crains pas. Viens. Tout est préparé pour toi ».

Comment pourrais-tu Seigneur, oublier celui que toi-même as nommé l’enfant de ton amour ? Pour les siècles des siècles. Amen.

 

ENVOI

 Que le Dieu de l’espérance nous soutienne dans la foi et nous donne la grâce et la paix.

 

                                                                                 Guy St-Onge, f.s.g.

Quelques photos prises pendant et après les funérailles :

Au moment de l'Épître

Au moment de l’Épître  (photo: G.F.)


Après le Salve Regina

Après le Salve Regina  (photo: G.F.)

Avant les signatures

Avant les signatures  (photo: G.F.)

 

Au moment des signatures

Au moment des signatures (photo: G.F.)

 

SUIVANT: no 34                                             PRÉCÉDENT: no 33a

 

                                                                                                                                                                                                                  

 

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1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. Jean-Claude Varin
    Juil 29, 2016 @ 09:33:44

    Adieu mon ami de St-Arsène, que de rires nous avons échangés ensemble ! Je regrette toujours de ne pas avoir partagé tes dernières souffrances.

    Réponse

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