34. F. Georges-Étienne Bertrand (F. Eugène-Marie)

Georges-Étienne

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Frère Georges-Étienne Bertrand (Frère Eugène-Marie)

Né le 3 février 1930 à Notre-Dame-des-Anges

Première profession le 02 février 1948 à Beaubois, Pierrefonds

Profession perpétuelle le 20 juillet 1954 à Saint-Bruno

Décédé le 24 février 2015,  à la Rés. De-La-Salle, Sainte-Dorothée (Laval) Québec

Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) Québec.

Parcours de vie, cliquez ici -»Fr.Georges-Étienne Bertrand..

Notre-Dam,e-des-Anges

Église Notre-Dame-des-Anges où a été baptisé Georges-Étienne.

«Qu’ils sont beaux les pieds qui apporte le bonheur, qui proclame le salut…» (Isaïe, 52,7).

Après avoir accompli sa mission de religieux-éducateur pendant 47 ans à Singapour, en Malaisie et en Papouasie, notre Frère Georges-Étienne Bertrand nous a quittés, le 24 février 2015.

Quatrième enfant d’une famille qui compta deux filles et six garçons, il était né le 3 février 1930, à Notre-Dame-des-Anges, village de quelque 1 200 habitants au nord du Saint-Laurent, à 220 kilomètres de Montréal. Sa mère, Laurette Gingras, mourut en 1989, à l’âge de 83 ans, son père, Henri Bertrand, boucher de son village, alla rejoindre son épouse au paradis en 1991, à l’âge de 87 ans.

Col.StStanislasDès sa jeunesse, la vie l’habitua à de nombreux déplacements. Après avoir fréquenté plusieurs écoles, Georges-Étienne fait sa 11e année (1945-46) chez nos Frères au Collège de Saint-Stanislas de Champlain. Il disait devoir sa vocation à Saint-Gabriel au Frère Rembert-Marie qui l’enthousiasma pour la vie religieuse, lors de ses tournées dans nos écoles.

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Profession perpétuelle en 1954

Ce n’est qu’à l’âge de 16 ans qu’il s’engage au service du Seigneur en entrant au postulat, le 24 juillet 1946. Six mois plus tard, il est novice sous le nom de Frère Eugène-Marie. Il prononce ses premiers vœux l’année suivante et se consacrera définitivement au Seigneur après la retraite annuelle de 1954, à Saint-Bruno. Dix-huit mois de Scolasticat suffisent pour qu’on le juge apte à entreprendre sa carrière de religieux enseignant. Cette période de sa vie sera plutôt brève au Canada. Il enseigne 5 ans dans les écoles de l’île de Montréal : Saint-Étienne, Christophe-Colomb, Orphelinat Saint-Arsène et Lajoie; puis il s’en éloigne de quelques kilomètres pendant deux ans à l’école Saint-Louis de l’Assomption. Et voilà déjà terminé son apostolat auprès de la jeunesse canadienne. Il a cependant eu le temps de s’initier à la direction d’un groupe de jeunes dans la Croisade Eucharistique et a pris volontiers la responsabilité des enfants du sanctuaire.

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Georges-Étienne, 1ère rangée à droite

Aurait-il dès 1956 entendu l’appel vers les missions ad gentes qui, à cette époque, consistaient en un départ pour Singapour? À tout événement, ce villageois devint pendant neuf mois étudiant à St. Joseph Teachers’ College, école normale anglaise implantée à Montréal par l’abbé Emmet Carter, devenu plus tard évêque de London, en Ontario. À peine est-il diplômé qu’il est invité à faire le Second noviciat aux Clématites de Beochout (Belgique)

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Georges-Étienne (assis, 1er à gauche)

Sans tarder, deux semaines à peine après la fin de ce Second noviciat, Georges-Étienne est rendu à Singapour, à quelque 18 000 km de Notre-Dame-des-Anges. Il enseigne deux mois au Boys’Town et le voilà parti pour la Malaisie; il y sera deux ans principal (Headmaster) de l’école de Muar et, l’année suivante, de celle de Kuantan. Il écoule les trois années suivantes à Port Dickson comme Maître des Novices. Il profite de son retour à Québec en1964 pour devenir étudiant de l’Université Laval en catéchèse. De retour en Malaisie, il reprend la même fonction pendant quelques mois.

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Ordonné prêtre en Malaisie par Mgr Chan

Singapour le réclame alors comme directeur du Boys’ Town; l’année est à peine terminée qu’on le retrouve en Malaisie où il dirige, pendant près de cinq ans, St. Joseph’s School. Il se fait un agréable devoir d’organiser avec enthousiasme la Croisade eucharistique et la Légion de Marie. Il sait communiquer aux jeunes son élan et sa joie de vivre, et il les entraîne facilement à sa suite sur les sentiers de la prière et de la charité envers les pauvres.

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Georges-Étienne invité par une famille papou

Mais les études religieuses le hantent toujours et il fait alterner des périodes d’études avec la direction de cette dernière école. En 1972, il est étudiant en Indonésie, où il polit sa connaissance de la langue malaise, précieux atout pour le travail à venir. De 1974 à 1976, il suit des cours au Brothers’ Institute de Bangalore (Inde) et l’année suivante au Darmarhan College de la même ville. On trouve en 1977 la réponse à son besoin de poursuivre des études théologiques et spirituelles : le 25 juin 1977, Georges-Étienne est ordonné prêtre à Johore Bahru (Malaisie) par Mgr James Chan.

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Baptêmes d’enfants chez les sourds- muets

Il retourne à son terrain d’apostolat avec une ardeur renouvelée. Les ministères pastoraux ne lui laissent guère de répit : 4 ans à Johore Bahru (Malaisie), 1 an à Batu Tiga (Malaisie), 8 ans à Kiunga (Nouvelle-Guinée) avant de retourner au Boys Tow de Singapour en 1992. Pendant ces années, il prêche des retraites de fin de semaine aux enseignants de Malaisie, se fait ardent promoteur du «Mouvement pour un monde meilleur» selon les principes du Père Lombardi, coédite un livre de catéchèse pour adultes analphabètes, fait des visites régulières aux réfugiés indonésiens,… Il sait alors profiter d’une année de répit pour faire le pèlerinage sur les Pas de Montfort, en France.

À compter de 1992, il se cantonne à Singapour où il est aumônier du Boys’ Town et de l’école Saint-Gabriel, responsable de la pastorale chez les personnes âgées et les sourds-muets avec lesquels il sait communiquer par sa mimique bien personnelle.

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Retour au Québec en 2005 (Georges-Étienne au centre)

Grand conteur, à la voix sonore et au rire éclatant, son excellente humeur et ses manières dépourvues de toute prétention ont tôt fait de lui gagner la sympathie de qui le rencontre. Ses homélies son empreintes de simplicité, de zèle et d’un sens pratique qui intéresse, convainc et stimule ses auditeurs.

Ses années d’apostolat ne l’ont pas empêché de garder contact avec ses confrères et sa parenté. Ses courriel, ses lettres, ses appels téléphoniques ou ses visites lors de vacances leur apportent ses joyeux propos et ses récits pittoresques, rayon de soleil dans la petite grisaille de toute vie.

Georges-Étienne revient au Québec, en 2005, après 47 ans en terre lointaine. Il assume la fonction d’aumônier à la Maison provinciale jusqu’en 2009, année où il se joindra à ses confrères de la Résidence De-La-Salle. Il y vécut ses dernières années heureux et entouré de ses confrères.

Les funérailles de notre Frère Georges-Étienne Bertrand ont eu lieu à l’église La Visitation, 1847, Gouin Est, Montréal, le lundi 2 mars 2015, à 10h00. La dépouille a été inhumée au cimetière «Jardins Urgel Bourgie», de Laval.

Adélard Faubert, f.s.g.

Hubert Forest, f.s.g.IMG_20150310_0001

Homélie aux funérailles de Georges-Étienne Bertrand f.s.g.

1 Jn 3,14.16-20    Jn 12, 24-28     (1118)

                     La liturgie d’action de grâce que nous vivons ce matin, au cœur de cette église, nous engage à vivre communautairement cet ultime service que nous nous sommes engagés à vivre dans l’idéal de fraternité évangélique que nous avons épousé en devenant religieux frères.

                    Si pour quelques-uns parmi nous les liens du sang les rattachent à George-Étienne, plus nombreux encore sont ceux que les liens de la fraternité et de l’amour fraternel, puisés dans une relation intime au Christ Jésus, sont ceux qui, parce qu’ils se sont laissés posséder par l’Esprit, veulent affirmer qu’au-delà du temps, l’amour dont nous nous sommes laissés pétrir ne saurait mourir.

                    Notre écoute de la Parole de Dieu, à travers deux textes du Nouveau Testament, dans la lumière qui en émane, nous ont invités à découvrir comment la vie de notre confrère s’est laissée transfigurer en disciple passionné du Christ, habité de ce désir de l’annoncer au monde.

 

                    Dans un premier temps, l’apôtre Jean, dans l’extrait que nous avons proclamé de sa première lettre, est venu nous rappeler que l’amour qui nous habite nous fait déjà  passer de la mort à la vie. Il est venu proclamer haut et fort, qu’être vrai dans sa vie quotidienne, qu’aimer par des actes et en vérité, c’est nous arracher aux puissances de mort pour entrer déjà dans le dynamisme de la résurrection. Et, en pédagogue qu’il est, comme s’il craignait que nous échappions l’essentiel de son message, il insiste en nous rappelant qu’aimer c’est partager que ce soit son savoir, ses compétences, ses talents, son énergie, abandonner son confort, c’est cela donner sa vie pour un frère, une sœur. « En agissant ainsi, conclut-il, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité et que devant Dieu nous aurons le cœur en paix; notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toutes choses. »

                        Jean, en nous révélant cela, ne fait que reformuler le message de Jésus, lui qui a livré sa vie pour nous, lui qui nous a révélé Dieu comme un Père dans le cœur duquel il n’y a que de l’amour… un Père qui a la passion de chacun de ses enfants et qui a cause de cela fait le rêve de les rassembler tous un jour dans sa maison.

                    Voilà pour la première Bonne Nouvelle.

                  Dans un second temps, en utilisant d’abord l’image de la semence, du grain de blé jeté en terre, Jésus nous a partagé l’enseignement qu’il a lui-même donné à ses disciples, à ceux et celles qui, comme nous, se sont mis à sa suite. La vérité qui s’en dégage ?… sauver sa vie c’est accepter de la perdre dans le service, sauver sa vie c’est accepter de la livrer au quotidien. Ce faisant, Jésus nous donne cette assurance : « là où je suis, là aussi sera mon serviteur car si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »

                 Mais ensuite, et nous ne saurions en faire l’économie, Jésus nous partage l’expérience qui est la sienne, celle de toute personne humaine devant le mystère de la mort : « Maintenant je suis bouleversé… » Si nous sommes appelés à l’abandon confiant, à l’abandon filial en l’amour du Père, devant ce mystère, nous ne serions pour autant échapper au mystère de la souffrance, de l’angoisse. Et nous assistons à cette lutte en lui, comme elle s’opère en nous, face au mystère de la souffrance… au mystère de la croix.  Notre réponse à l’exemple de Jésus : « Je sais en qui j’ai mis ma foi… je ne crains pas… je verrai sa lumière.

                    Voilà pour la seconde révélation.

                   Il m’a été donné de passer quelques heures à parcourir l’itinéraire de vie de Georges-Étienne à travers un document auto-biographique important et à travers divers témoignages. Ce qui m’a frappé, c’est à quel point notre confrère s’est rendu disponible à la mission, lui qui ne se reconnaissait pas particulièrement doué pour prendre des initiatives, pour créer des projets, il a sans cesse voulu se laisser pousser par l’Esprit là où on l’appelait à œuvrer, dans le don et le service. Que ce soit au Québec au début de sa carrière d’enseignant, ensuite en Asie à Singapour, en Malaisie en Océanie en Papouasie s’adaptant sans cesse à de nouvelles cultures, de nouvelles langues. Porteur de cet humour qu’on voit briller au coin de ses yeux; avec cette simplicité et cette cordialité qu’on lui connaissait dans ses relations; voulant aussi sans cesse se remettre à jour par du perfectionnement; se voulant un collaborateur au sein d’un équipe.

                 Habité aussi, il l’était par sa passion d’annoncer l’Évangile et d’offrir par le ministère qui était le sien le message de la conversion du cœur toujours avec simplicité et cordialité. Avec humilité et une certaine timidité il savait reconnaître ses limites et compter sur la puissance de l’Esprit qui donne le supplément d’âme à son action. On l’entend nous dire : je fais le possible, je laisse l’impossible à Dieu, mon Seigneur.

               Georges-Étienne, toi le généreux, nous te savons présent aujourd’hui au milieu de nous, au cœur même de cette église alors même que le voile qui nous sépare de la présence sensible de Dieu s’est déchiré devant toi, te donnant de découvrir, dans le mystère de la mort, qu’au-delà de nos vies trop brèves, une éternité nous attend, dans laquelle, à ton insu, ont fleuri les mille fleurs de cet amour plantées au quotidien  tout au long de ton existence. Tu sais maintenant que celui qui a donné sa vie dans le service, la trouve. Tu sais maintenant que celui qui t’a fait naître en ce monde par amour est celui qui nous accueille dans l’Amour. Tu sais maintenant, sans les doutes qui, parfois nous habitent, nous qui demeurons encore ici-bas, que nul n’est trop loin pour Dieu, que rien n’est jamais fini pour lui. Tu sais maintenant que Dieu n’est qu’amour, qu’il a préparé un festin de noces capable de combler le désir profond de bonheur de chacun de ses enfants, ce désir d’aimer et de se savoir aimée.

                     Seigneur, nous nous tournons maintenant vers toi dans la prière. Notre frère Georges-Étienne s’est avancé vers toi. Son pas était peut-être hésitant, son souffle un peu court, il avait en ses mais toutes ses détresses… mais tu as reconnu en lui le cœur merveilleux que tu lui as donné. Tu as lu sur son visage tous ses combats, toutes ses luttes, tous les échecs aussi de ses chemins de liberté. Mais nous le savons, Dieu notre Père, ce n’est pas grave nos échecs, quand on est devant toi, car c’est devant les hommes que nous sommes humiliés, devant toi, c’est merveilleux d’être si pauvres puisqu’on se sait tant aimés. Nous te prions : « Donne lui  maintenant de d’entrer en ta maison et de vivre en ta présence.  Accueille-le avec son rêve de bonheur car il est devenu à son baptême et demeure à jamais ton enfant bien-aimé… et cela pour les siècles des siècles… Amen ! »     

 Gilles Lindsay, f.s.g.

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