25. F. Romain Landry ( F. Louis-Bertrand )

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6 juin 2013 (24).2

 

En hommage au Frère Romain Landry (diapo)

Frère Romain Landry (Frère Louis-Bertrand)

Né le 3 octobre 1921 à Saint-Sulpice (Assomption) Québec

Première profession le 2 février 1938

Décédé le 22 février 2008 à la Rés. De-La-Salle, Sainte-Dorothée, Québec

Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) Québec.

Église Saint-Sulpice, P.Q

Église Saint-Sulpice, P.Q

Romain vit le jour le 3 octobre 1921, à Saint-Sulpice, municipalité agricole sise en bordure du fleuve Saint-Laurent, un peu à l’est de Montréal. Fils de Noël Landry (décédé en 1921), et de Marguerite Garneau (décédée en 1972), il était le deuxième enfant d’une famille qui compta trois filles et trois garçons.

Mis en contact avec les Frères de Saint-Gabriel qui enseignaient dans la paroisse voisine de l’Assomption, c’est par l’entremise du Frère André Turcotte qu’il reçoit son premier appel à la vie religieuse. Il gardera aussi un souvenir inoubliable du Frère Norbert, alors directeur de l’école. Romain entre au juvénat de Saint-Bruno, le 7 août 1933.

Église Saint-Sulpice,P.Q.

Romain, juvéniste

Élève brillant, il suit les cours réguliers des gabriélistes de l’époque. Il passe au noviciat du Sault-au-Récollet, le 22 juillet 1936, prend l’habit le 2 février 1938, et sa profession perpétuelle à Saint-Bruno le 7 juillet 1944.

Du 3 février 1938 au 22 août 1941, il poursuit ses études au Scolasticat ; puis, il séjourne à la Maison provinciale, plus pratiquement à l’infirmerie, suite à des ennuis de santé. Peu à peu, dans la mesure de ses capacités, il se voit confié diverses occupations ; puis il retourne aux études. Du 23 août 1941 au 29 août 1945, il enseigne à Saint-Tite, petite ville de la Mauricie. On le désignera ensuite comme professeur au scolasticat, poste qu’il occupera pendant 6 années consécutives, devenant le directeur de cette maison à partir du 8 août 1953. Un intermède de quelques mois lui permettra de faire son Second noviciat aux Clématites, en Belgique. À son retour au pays, il réintègre ses fonctions au scolasticat jusqu’au 6 août 1959, moment où il est nommé Supérieur responsable de la Province de Montréal, poste qu’il occupera pendant six années.

434Toujours soucieux d’être mieux qualifié afin de mieux servir, il acquiert le Brevet Supérieur en enseignement (1941), le Brevet A (1944), la licence en Pédagogie (1948) et le diplôme « Practical Radio Engineering » de Washington (1950).

Au Canada, plus précisément au Québec, on est sur le point d’entrer dans ce qu’il est convenu d’appeler la « Révolution tranquille ». Cette révolution qui, pour certains n’a été tranquille que de nom, se manifeste d’abord par le renforcement de l’emprise de l’État sur la société québécoise, notamment dans les champs de la santé, de l’éducation et des services sociaux.Ces champs étaient très largement occupés, pour ne pas dire exclusivement, par les communautés religieuses qui se voient ainsi dépossédées, qui d’un système hospitalier, qui d’institutions d’enseignement spécialisé, qui d’œuvre de secours social : crèches, orphelinats,

Sur le plan ecclésial, le 25 janvier 1959, quelques mois seulement après son élection (28 octobre 1958), le pape Jean XXIII, au cours de la cérémonie de clôture de la Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, prenait les cardinaux par surprise en leur annonçant sa décision de convoquer un concile œcuménique. L’Aggiornamento de l’Église sera le programme de ce rassemblement extraordinaire des évêques du monde entier. Il était temps que l’Église ouvre ses fenêtres au monde moderne et que les Églises en finissent avec leurs dissensions. Sur le moment, Jean XXIII ne reçut des cardinaux aucune approbation, mais seulement, comme il le rappellera finement trois ans plus tard, « un silence impressionnant ».

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à d. Romain enseigne les sciences

C’est dans cette société civile en pleine mutation et dans une Église qui remet en cause sa façon de remplir sa mission, que se déroule le provincialat du Frère Romain Landry. Le thème des 65 circulaires qu’il adressera à ses Frères sera : « Pour un monde meilleur, des religieux meilleurs ». En les feuilletant, on découvre sa préoccupation pour ses Frères et leurs besoins spirituels intellectuels et matériels, pour les obligations de la vie religieuse, le recrutement, les relations avec les autorités, le développement de nos oeuvres, nos missions d’Afrique, de Colombie et du Pérou, les contacts avec les médias, nos malades et nos défunts. Son style est clair, limpide, précis.

Le Québec se donne un ministère de l’éducation, en remplacement du Département de l’Instruction publique dominé par les évêques. De 1959 à 1964, le monde de l’éducation est en ébullition, et le Frère Romain Landry est engagé dans la tourmente comme représentant des Frères éducateurs du Canada. Une commission royale d’enquête sur l’enseignement, la commission Parent (1961-1966) proposera une réforme en profondeur du système scolaire,

477Ce qui n’est pas sans toucher les communautés impliquées dans l’enseignement. Suite aux multiples réformes, les Frères deviennent des salariés de l’État, au même titre que leurs collègues laïcs, ce qui met un terme au « cheap labor » que représentaient les communautés pour les commissions scolaires locales. Devançant ces réformes du système public, les communautés regroupent leurs forces vives, créant deux campus modernes dans lesquels sera assurée la formation de maîtres ; c’est l’abandon de la forme traditionnelle des écoles normale. La région de Québec voit s’ouvrir le Campus Notre-Dame de Foy, et Montréal le Scolasticat central intercommunautaire Marie-Victorin, dont Romain est le président-fondateur. Sa carrière d’éducateur aura été reconnue officiellement : il sera décoré du 3e degré de l’Ordre du Mérite scolaire.

La vie de la communauté suit son cours. Le 31 mars 1965, le Frère Romain Landry quitte Montréal pour assister (c’est sa première fois) au Chapitre général de la communauté à Rome. Le 14 avril, il y est élu Supérieur général, poste qu’il occupera pendant 12 ans. Le Concile vient de se terminer : commencé sous le pontificat de Jean XXIII en 1962, il vient de se clore sous celui de Paul VI en 1965.Tout le travail de renouveau de la vie consacrée appelé par Perfectae Caritatis est à opérer ; et cela, avec l’empressement des uns ou malgré la résistance des autres. La tâche n’est pas mince.

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À Rome, Frère Romain Landry, Supérieur général

Voici en quels termes, le Frère Michel Taillé, qui occupera le poste de Vicaire général, témoigne de la réalité à laquelle devait faire face la nouvelle administration, et la façon d’être de celui qu’il est chargé d’assister. Ce passage est extrait d’un témoignage personnel, rendu à l’occasion des funérailles de Romain.

« Être Supérieur général au cours de la période avril 1965 à décembre 1976, c’était une situation à peu près unique dans l’histoire de la Congrégation, comme sans doute dans celle de la plupart des Ordres religieux. C’était le temps de l’aggiornamento de la vie religieuse, c’est-à-dire de la mise à jour de son mode de vie et de ses activités. Il s’agissait non seulement de tirer les conséquences des transformations sociales ayant eu lieu dans les années antérieures – et je sais combien, au Québec, ces transformations ont été considérables – mais aussi de mettre en application les orientations que le Concile Vatican II venait de donner à l’Église. Un simple détail est symptomatique de ces transformations : c’est en cette période que celui qu’on avait appelé jusqu’à ce moment « Frère Louis-Bertrand» reprit son nom de baptême et son nom de famille, et devint « Frère Romain Landry ».

   461Frère Romain Landry avait donc la charge de procéder à ces adaptations, depuis le haut si je puis dire, c’est-à-dire la mise au point d’une règle religieuse adaptée, jusqu’en bas, c’est-à-dire l’organisation de la vie des communautés et leur apostolat, sans parler, bien entendu, des stades intermédiaires. Il n’est pas nécessaire, et ce n’est d’ailleurs pas le lieu, de souligner les difficultés inhérentes à une telle tâche, difficultés autant intellectuelles que spirituelles, voire matérielles `elles ont été, somme toute, les difficultés vécues par toutes les congrégations engagées dans le même processus, et cela pendant des années. Je n’en donnerai qu’un exemple, restreint et personnel certes, mais qui vous a concernés tout particulièrement, vous du Canada, et dont se souviennent certainement les plus anciens d’entre vous, même après 40 ans. C’est quand le Frère Romain Landry eut à prendre une difficile décision. Une obédience à attribuer au Frère Jean-Paul Désilets (Frère Donatien-Marie), il s’agissait de le faire venir à Rome, à la Maison Généralice, pour mettre ses compétences à la préparation du Chapitre général de rénovation de la règle de Vie. Or, le Frère Jean-Paul Désilets était en charge première du Scolasticat intercommunautaire Marie-Victorin, qui en était à ses débuts et qui non seulement symbolisait, mais concrétisait la coopération des congrégations de Frères Éducateurs du Québec, une coopération qu’avait cristallisée précisément le Frère Romain lui-même, comme Supérieur provincial des Frères. La décision fut, pour eux deux, une lourde croix à porter, je puis en attester. Pour le Frère Romain Landry, elle fut d’autant plus lourde qu’elle était accompagnée de reproches passablement véhéments, voire de critiques, formulées par des Frères du Québec qui, après réticences compréhensibles, étaient désormais totalement acquis à la cause du scolasticat intercommunautaire Marie-Victorin qu’ils voyaient comme une réalisation garantissant l’avenir…

Conseil de l'Institue 1974

Conseil de l’Institut, 1974

Mais je puis aussi bien attester que le Frère Romain Landry, s’il vécut cet épisode comme une épreuve, il la vécut en toute lucidité et sérénité, accueillant les interlocuteurs sur ce point avec une magnanimité de point de vue et une charité sympathique, et avec ce qu’on appelait alors, d’une manière peut-être sortie d’usage, un esprit de foi qui éclairait toute hésitation.

« Ce fait peut paraître bien mince, et il est effectivement bien restreint, mais il introduit à l’un des traits que je pense être parmi les plus caractéristiques de la personnalité humaine du Frère Romain Landry, que j’illustrerai encore plus brièvement par deux petits faits qui, s’il sont aussi minuscules l’un que l’autre, n’en sont pas moins significatifs.

« Le premier se situe à la suite d’une réflexion faite, en public, devant la communauté locale qui lui exprimait une nette opposition d’opinion quant à la nature d’une grave décision à prendre ; il s’en trouva visiblement décontenancé et désarçonné. Au cours de ma fréquentation quotidienne de 12 années, c’est la seule fois que j’ai été témoins d’une telle réaction où sa sérénité fut prise en défaut.

457Le second fait dont j’ai été moi-même involontairement acteur, c’est lorsqu’il éleva la voix à mon endroit, m’adressant une verte réponse à une objection que j’avais avancée sur un point spécifique. Je reconnais que j’avais sans doute eu tort de m’élever inconsidérément contre une décision déjà prise. Mais ce cas fut le seul où je le vis se départir de son imperturbabilité, aussi brièvement cela fût-il.

« Ce que je désire simplement souligner par ces brèves anecdotes, c’est ceci : nous étions alors, comme je l’ai dit, dans cette période où les échanges de points de vue étaient proprement innombrables, rendus indispensables par l’enjeu des orientations à imposer à la congrégation. Or, tout au long de cette période, un des traits les plus remarquables du Frère Romain Landry, ce fut la sérénité de ses relations fraternelles et de ses décisions ; sérénité qu’il n’est pas besoin d’être un savant psychologue pour l’analyser, en calme et patience, en politesse et en amabilité, en serviabilité en disponibilité, en discrétion et humilité. Et en chacun de ces éléments, on pourrait distinguer plus finement une modestie inspirant la discrétion sur soi-même, une confiance accordée à autrui sans regimber, une promptitude à admettre d’autres points de vue que les siens propres… Tout cela est vrai sans doute, mais j’ajouterai encore sans hésitation qu’il ne s’agissait pas, ou pas uniquement, d’un trait de tempérament, mais bien d’une vertu, celle de charité. Sur ce point, j’aime à rapprocher son attitude de celle que les biographes nous rapportent de Louis-Marie Grignion de Montfort, lorsque l’un des Frères qui l’accompagnaient s’inquiétait de ce que les gens diraient de le voir agir d’une certaine façon, à quoi le Saint répondit : « Mais, ce qu’il faut se demander, c’est : qu’en dira Jésus Christ ?» hp photosmart 720Et même si un aspect de cette modestie fut que le Frère Romain Landry ne parlait de lui-même et de sa vie personnelle qu’avec réticence, je suis certain, d’après le contenu de ses conversations, d’après la longueur des moments qu’il passait en prière à la chapelle, d’après son attention à ses Frères, que c’est ce même souci de l’opinion de Jésus Christ, si je puis dire, qui inspira le Frère Romain Landry dans son action comme Supérieur de la Congrégation.

« Avec ses amis et ses Frères, nous lui sommes reconnaissants, d’avoir guidé les uns dans des moments ardus, et d’avoir accompagné les autres, lucidement et calmement, dans des moments de remise en cause. Même à son poste de responsabilité et d’autorité, il a préféré la discrétion aux apparences, et l’humilité aux proclamations. En ce moment de notre prière, nous pouvons entendre le Christ lui dire : « Bon et fidèle serviteur, parce que j’étais effrayé et que tu m’as soutenu, viens, entre dans la joie de Maître.

Le Frère Romain Landry revint au Québec en mars 1977, déjà porteur d’un projet, celui d’initier les diverses communautés à l’informatique, le S.I.I. (Service d’Information Intercommunautaire).

Il sera l’âme d’INFORMAT. Il travaillera à l’Office des Communications sociales du diocèse de Montréal, étudiant l’à-propos d’un branchement sur Internet, et s’appliquant à brancher la CRC-Q sur le Net. Successivement, il sera membre de la communauté de la Maison provinciale, de la fraternité Lacombe, il logera deux ans (mai 1978 – août 1980) chez les Frères des Écoles chrétiennes, rue Darlington à Montréal, avant de se joindre à la résidence de la Maison du Rosaire (1980), et finalement de revenir à la Maison provinciale en juin 1984.

Peu à peu son état de santé se détériore ; il est atteint d’un Parkinson sévère qui lui rend difficile la poursuite de son travail en informatique. Il gagne alors la Maison Saint-Nicolas où sont offerts des soins plus adéquats. C’est avec courage et un esprit de foi admirable qu’il vit cette épreuve de fin de vie qui le rend de plus en plus dépendant des autres dans les gestes du quotidien. Il acceptera d’être partie prenante d’un projet de recherche sur la maladie qui l’affecte, apportant ainsi sa contribution à l’avancement des connaissances dans un domaine spécifique.

Le regroupement des services infirmiers de notre communauté avec ceux des Frères des Écoles chrétiennes le conduira à la Résidence De-la-Salle, à Laval, où des soins de qualité sont offert au sein d’une fraternité religieuse. C’est dans ce cadre qu’il s’éteindra, le 22 février 2008, après son long combat mené dans la sérénité et l’abandon.

499.53kDès l’annonce de son décès, les témoignages se multiplient. «Avec la grande famille montfortaine, j’ai toujours admiré son intelligence et son ouverture d’esprit dans l’utilisation des nouveaux moyens de communication. J’ai surtout admiré son cœur montfortain et son témoignage de vie religieuse exemplaire ». toujours, il faisait preuve de grande délicatesse et d’attachement au Seigneur, à l’Église et à Saint-Gabriel ». « Personnellement je garde garderai le souvenir d’un Frère d’une grande écoute, qui nous mettait tout de suite en confiance. Permettant ainsi de dire profondément ce que l’on avait envie d’exprimer. Comme jeune Frère, j’étais impressionné en particulier par son grand calme et sa simplicité ». « Simplicité et affabilité étaient remarquables chez lui ». Vous venez de perdre un Frère d’une grande valeur, un confrère qui a beaucoup donné à sa Province et à l’Institut tout entier ». « Avec discernement et un tact qu’il tient assurément de l’Esprit, mais aussi un sens inné du gouvernement et une aura personnelle indéfinissable, il aura dirigé l’évolution de l’Institut pendant douze années. Ses contacts et ses écrits traduisent sa foi en la Providence et son amour de Saint-Gabriel, imperturbable, pondéré, bienveillant, il avait un souverain respect de la personne ».

À ses funérailles, l’homéliste conclura comme suit : « On ne peut comprendre la générosité de Romain sans se rappeler sa passion vitale à l’égard de l’Eucharistie. Elle procédait de cette conviction qu’on ne peut vivre et survivre autrement qu’en s’appropriant la vie même du Christ livré dans le sacrifice eucharistique, lorsque, comme religieux, « on a été choisi pour servir en sa présence.».

164.39k« Des personnes plus autorisées que moi sauront dire avec quelle générosité Romain a su se faire serviteur de ses Frères. Une homélie n’étant pas un panégyrique, qu’il me suffise d’évoquer sommairement quelques traits de sa personnalité, traits qui ont fait de lui un homme d’Évangile. Romain a su mettre en œuvre les talents multiples dont Dieu l’avait comblé : dons de l’intelligence spéculative, dons de l’intelligence pratique aussi, se donnant une formation technique avancée, dons du discernement spirituel. Il a su s’ouvrir et nous ouvrir aux nouvelles technologies de communication, afin de les faire servir à l’évangélisation de notre temps. Il a su assumer dans la foi la tâche combien exigeante de conduire notre communauté vers l’aggiornamento demandé par le Concile Vatican II, évitant les pièges de la facilité, nous invitant sans relâche à prendre de la hauteur et de la profondeur. Il soutiendra sans cesse la vigilance et la fidélité de tous ses Frères disséminés à travers le monde, préoccupé de se faire tout à tous. Voilà autant de motifs d’action de grâce.

IMG_20141222_0001« Romain, tu es passé parmi nous en faisant le bien. Ceux qui ont eu le bonheur de te côtoyer ont reconnu en toi un homme de Dieu au service de l’Évangile, un homme articulé sur des valeurs profondes, un homme de fidélité, d’unité et de courage, au cœur des projets complexes comme aux heures de souffrance. Sans les doutes qui sont les nôtres, tu sais maintenant, dans l’éblouissement de la lumière, qu’au-delà de cette vie, un amour nous attend celui du Père, « Abba », follement amoureux de chacun de ses enfants. Au cœur de l’éternité bienheureuse, souviens-toi de tes Frères !

« Seigneur, accueille en Romain, celui en qui nous avons reconnu un bon et fidèle serviteur. Comble-le de ta miséricorde et, par l’intercession de Notre-Dame-de-la-Trinité qu’il a chérie et tant priée, achève en lui ce que tu as commencé. Reçois aussi l’action de grâce que nous te rendons en cette Eucharistie, unis avec lui dans le mystère de la communion des Saints.»

Du généralat à Informat Enr

Une option pour l’évangélisation   par les Mass-Média

Un coup d’œil à la signature de cette page et voilà le titre assez aguichant pour retenir le lecteur, et assez énigmatique pour exiger des explications.

L’histoire des institutions humaines, des communautés religieuses se déroule comme une grande course à relais. En janvier 1977, j’avais la joie de passer à des mains plus jeunes et expertes la responsabilité d’animer et diriger notre Institut. Aucun sentiment de regret : j’avais plutôt au cœur et à l’esprit ce mot du poète belge Verhaeren : «Et demain vous ferez mieux que nous ce que nous avons fait…»

Tourner une page de sa vie est un art; décider d’en écrire une autre l’est tout autant. Après 12 ans de communion avec tant de besoins à travers le monde, les appels à l’aide sont vivement ressentis, souvent formulés avec délicatesse par les uns et les autres… Un choix s’impose. Je décide un retour dans ma province d’origine. La «Révolution tranquille» des années ’60 y a semé des défis nouveaux pour la société et pour l’Église. Nos instituts religieux y sont provoqués.

Romain landryUn certain rêve de jeunesse fait surface en moi : comment être témoin du Christ à travers les médias de masse? Ma communauté me laisse toute latitude pour envisager un «recyclage» prolongé dans la discipline de mon choix. J’opte, du moins dans l’immédiat, pour un recyclage par l’action. Les Supérieurs (es) majeurs (es du diocèse de Montréal m’offrent le rôle de «relationniste» auprès des mass médias. L’expérience fut incalculable. Apprivoiser les médias en mettant des noms et des personnes bien en chair derrière les images du petit écran… Découvrir le point faible de cette cuirasse imposante : la réaction du public. Mesurer également la limite des médias : un certain journaliste célèbre, Malcolm Muggeridge affirme que l’Évangile ne peut  s’accommoder de la «superficialité foncière» de la TÉLÉVISION le même auteur a pourtant jugé bon de porter au petit écran l’incomparable figure de mère Teresa. Du coup il lui a donné une dimension internationale…et l’Évangile de l’amour y puise un rayonnement insoupçonné…

Quelques expériences inoubliables : En juin 1977, au Congrès charismatique tenu au Stade olympique de Montréal, je collabore au Service de Presse. Je suis responsable de la communication avec les évêques et de l’utilisation des techniques électroniques du Stade olympique. Je n’oublierai jamais, au soir de l’ouverture du congrès, la chaleur des mains de Mgr Paul Grégoire, archevêque de Montréal, disant sa joie d’avoir participé à une telle manifestation de foi et de vitalité chrétiennes.

En septembre 1977, je suis responsable du Service de Presse de la Conférence latino-américaine réunissant  à Montréal les délégués (es) des Supérieurs (es) des deux Amériques. Mon rôle fut double : aider les média  –  et surtout la télévision d’État  –  à découvrir l’importance de l’événement, apprivoiser les Supérieurs (es) à la transparence requise face aux médias. Ce fut un succès. Radio-Canada dépêcha sur les lieux, pendant une semaine, une équipe de six personnes et diffusa par la suite un reportage d’une heure d’un océan à l’autre. Quelques semaines plus tard, il faisait bon sentir la joie du Directeur des émissions religieuses à la Télévision d’État : il venait de recevoir une lettre de l’Ouest Canadien remerciant pour le reportage télévisé. Savoir dire : «Merci encore!» et parfois : «Merci, non!» C’est probablement l’attitude la plus en souffrance actuellement chez les consommateurs des mass médias que nous sommes tous.

En 1979, on me confia la responsabilité complète du Service de Presse pour le 2e Congrès charismatique au Stade olympique. Ma politique : fournir aux médias, avec le maximum d’objectivité et de précision, toutes informations utiles. Les contraintes journalistiques – entre autres, les échéances de l’heure de tombée pour les articles – font apprécier par les journalistes les textes ou les entrevues déjà sensibles à leurs préoccupations.

Parallèlement à ce travail de «relationniste», j’eus l’occasion d’approfondir quelques-unes des technologies de pointe qui vont marquer très fort notre société de demain.

Au Service d’information intercommunautaire – mon employeur régulier depuis 1977 -, on me confia la responsabilité de mettre à jour le fichier concernant les 10 000 religieux (ses) du diocèse de Montréal : renseignements généraux, fonctions actuelles, expériences acquises, aspirations, qualifications, tout y est codé, classé puis utilisé pour fins de statistique ou pour favoriser la réorganisation du personnel religieux face aux besoins nouveaux de notre société montréalaise.

Je proposai aux Supérieurs (es) majeurs (es) nos patrons, d’utiliser la technique du micro-ordinateur pour ce genre de travail. Et cela pour deux raisons :

1.. L’ordinateur est le meilleur instrument pour ce genre de travail. Sa multiplication dans notre société le rend du coup plus abordable… Les coûts sont moins élevés…leur mystérieux langage s’enseigne…

2.. Du même coup l’ordinateur devient un instrument fantastique de transformation sociale… Des prophètes ne manquent pas pour prédire des changements sociaux hallucinants même pour les témoins ébahis des premiers pas de l’homme sur la lune! Que faire?

Un effort de lucidité et de sagesse s’impose avec urgence. Et d’abord un regain de foi et de confiance au Christ Sauveur de tout homme et de tous les hommes… Même de l’homme plus ou moins «robotisé» de nos temps. Et voilà la raison principale de mon option pour l’Évangélisation par les mass médias. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour tous mes frères que les appels de l’Esprit engagent dans des options pastorales ou caritatives surtout en faveur des plus démunis. Par goût et par préparation, il me semble que les appels réitérés de l’Église pour «un engagement plus profond» face aux moyens de communication sociale (décret conciliaire InterMirifica) me rejoignent personnellement. J’ajoute que le plein accord de mes supérieurs constitue un facteur important de discernement en la matière.

Concrètement mon option apostolique se vit à travers la mise sur pied d’un organisme à but non lucratif enregistré depuis septembre 1981 sous le nom de INFORMAT. Le mot INFORMAT se veut l’abréviation de deux domaines cibles : l’information religieuse et l’informatique.

Au service des communications chrétiennes, INFORMAT ENR. veut promouvoir son action en aidant la conception et la réalisation de programmes concrets d’évangélisation :

  • Par les mass médias : journaux, radio, TÉLÉVISION, câble, cinéma
  • Par les techniques nouvelles de télécommunication : création et traitement de banques de données, service d’analyse et/ou de programmation, service de l’équipement : achat, entretien…

INFORMAT ENR. veut aussi servir les utilisateurs des médias. Son but : aider ces derniers à devenir des consommateurs actifs et réactifs. À date, plusieurs projets sont en cours de réalisation :

  1. Avec «Rassemblement à son Image» (groupe de laïcs intéressés à l’Évangélisation par les mass médias),nous enregistrons une série de 13 émissions religieuses d’une heure chacune sous le titre «Mission possible». La diffusion sur le câble communautaire a débuté le 20 octobre 1981 et est assuré par le réseau INTER VISION et le câble-distributeur VIDEOTRON.
  2. Avec le diocèse de Montréal, le grand séminaire, le Service d’information intercommunautaire, la Trappe d’Oka et ma propre communauté je développe un réseau d’utilisateurs de micro-ordinateurs NORTH STAR. Notre but est double : utiliser les services réels rendus par un ordinateur, et surtout développer graduellement une certaine expertise face à cette nouvelle technologie. Rien de mieux pour démystifier la peur ou l’engouement irraisonnés. De plus, je projette, quand les circonstances le permettront, de constituer une équipe multidisciplinaire pour la création de «banques de données», de «Programmes d’enseignement», etc., à caractère religieux, et utilisant la technologie nouvelle de la télématique.
  3. Enfin, quand l’occasion se présente, je travaille à la promotion de l’«Association Nationale des Téléspectateurs inc.» dont l’objectif principal est de «donner une voix aux téléspectateurs» pour qu’ils puissent exprimer leurs besoins et leurs préoccupations face à la télévision.

Voilà les grandes lignes de mes activités. Elles ne manquent pas d’intérêt humain et de défis apostoliques!

Frère Romain Landry

11.Landry

11e Provincial le F. Romain Landry (Louis-Bertrand) 1959 à 1965

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Session à Rome du 22 mars au 18 mai 1975

Session TurgeonFrères Canadiens  (de gauche à droite)

1re rangée,  : FF. 5e ROMAIN LANDRY, 7e Adélard Faubert, 8e Maurice Bélanger, 9e Arthur Miron

 2e rangée : FF. 4e Albert Daudelin,  5e Pierre Gélinas, 7e Marcel Alary

3e rangée  : FF. 1er Jacques Turgeon, 3e Georges Dutrisac

 SUIVANT: no 26                                                                                      PRÉCÉDENT: no 24

 

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