22. F. André Charbonneau ( F. Euphrone )

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Frère André Charbonneau (Frère Euphrone)

Né le 9 février 1925 à Saint-François-de-Salle (Laval) Québec

Première profession le 15 août 1942

Décédé le 30 mars 2007 à la Maison Saint-Nicolas (Laval) Québec 

Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) Québec.

 

Église Saint-François-de-Salle, Laval

Église Saint-François-de-Salle, Laval

Frère André Charbonneau était né le 9 février 1925, en la paroisse Saint-François-de-Sales de Laval, de Hyacinthe Charbonneau, menuisier-ébéniste, et de Bernadette Laviolette. Il garda toujours un excellent souvenir de son père qui mourut en 1977 : «stable, paisible, d’humeur plaisante, actif, introverti, directeur de chorale, d’une grande bonté de cœur et profondément chrétien. André avait perdu sa mère alors qu’il n’avait que six jours. Ses grands-parents maternels le prirent chez eux eux jusqu’à ce son père se remarie avec Alice Lalonde. Le couple déménagea à Montréal avec André. De ce second mariage naquirent quatre filles et cinq garçons. Alice était « autoritaire, mais très douce, dévouée et sage gérante du bien familial. »

André aima toujours l’étude; il affirme qu’ils sont nombreux les maîtres laïcs et les Frères de Saint-Gabriel des écoles Casgrain et Christophe-Colomb qui lui donnèrent le goût de l’étude et des « nobles idéaux ». Toutes les matières lui plaisaient, mais surtout les sciences, les mathématiques, le français. Il appréciait en particulier l’enseignement religieux du Frère Irénée. Il fit volontiers partie de la Croisade eucharistique, de la J.E.C. et de la chorale. La vie simple, sereine et sainte du Frère Irénée fut le grand modèle qui l’attira vers Saint-Gabriel.

Charbonneqau André1Le trois janvier 1940, il entre au Juvénat de Saint-Bruno,  « monde de merveilles, d’accueil, de sérénité et de fraîcheur ». Quelque peu timide dans les jeux d’équipe, il aime le patin et la raquette, et se plaît surtout dans la musique : piano, orgue, chant. À 16 ans, il passe au postulat-noviciat et, l’année suivante, prononce ses premiers vœux qu’il voudra perpétuels en 1948. Quatre studieuses années au scolasticat le préparent au Brevet d’école normale ; il y ajoutera bientôt le Bac ès arts et le Brevet pédagogique de l’Université de Montréal. Au plan spirituel, il fera le Second noviciat, le stage de conférences à Rome et les « Pas de Montfort » avec le pèlerinage en Terre sainte.

Sa carrière  dans l’apostolat scolaire débuta à Sainte-Rose de Laval. Il y consacrera treize années à l’éducation de la jeunesse québécoise. Selon le témoignage de ses collègues, « l’enseignement le fascine et les jeunes le stimulent; ses directeurs forment une galerie inégalée, et il vit avec ses confrères à l’unisson, au rythme des vagues de la vie ». Il franchit les divers degrés des classes et il se spécialise dans l’enseignement de la chimie chez les finissants.

André CharbonneauQuelles circonstances le décidèrent à quitter cette oasis pour les missions de l’Asie sud-orientale ? À tout événement, en 1959, le voilà à Singapour afin de rendre service à Montfort Holy innocents School. C’est là que, pendant douze belles et fécondes années, il se dévoue corps et âme pour ses élèves. Il enseigne surtout la chimie dans la classe des finissants. Il y ajoute un peu d’anglais et l’apostolat direct des classes de religion. Ses élèves l’aiment, voire, dit-on, l’adorent, car ils ont vite constaté qu’il fait beaucoup pour eux. Les résultats de fin d’année prouvent qu’il est un professeur averti et compétent.

Charbonneau.A.2Excellent musicien, il prend en charge la fanfare militaire de l’école qui remporte de nombreux concours. Les anciens se rappelleront toujours l’intérêt très personnel qu’il témoignait à chacun d’eux. Aussi, exerce-t-il une très grande influence sur ses élèves. Charmant confrère pour ses intimes, il a un sens de l’humour unique; bon vivant, il a un faible pour les glaces et les gâteaux.par ailleurs, il est  un homme de principes et de prière, toujours désireux de renouveau spirituel et de dévouement.

En 1071, il laisse Singapour pour la Papouasie. Malgré une certaine nostalgie, il enseigne à notre école de Kiunga. Sur ses instances, il revient à Singapour et y enseigne la chimie au collège catholique préuniversitaire. Il regrette bientôt la belle simplicité de la Papouasie où il est envoyé à notre école de Kungim, il y fait un travail merveilleux avec ses élèves de la brousse. Tous admirent les talents, les dons, le dévouement et la vie de prière de ce religieux mystérieux, parfois difficile à cerner.

Après un vaillant service de neuf ans, c’est à regret qu’il quitte ses paysages édéniques pour revenir au Canada. Après une année sabbatique (1983-1984), il part pour Haïti. Le malais  fait place au créole, et l’enseignement diversifié, à une chaire de chimie et d’anglais avec les finissants du Collège Saint-Louis, à Jérémie. Au coup d’État qui renverse le Président Aristide, il nous revient. Quand ses compagnons  reprennent la route des Caraïbes, André est contraint par les médecins de prolonger son séjour parmi nous. Il en profite pour s’initier aux secrets de l’informatique. Dès qu’il a le feu vert, il s’envole de nouveau vers Haïti, à Anse-d’Hainault cette fois.

Un confrère, Réal Grenier, lui rend ce témoignage : « Partout où notre Frère André a passé, il a laissé d’excellents souvenirs. Allez partout dans le grand Anse et parlez de notre confrère : on se souvient de lui, de son grand dévouement et de son sourire un peu espiègle. Lorsque j’ai remis sa photo mortuaire à l’une de ses anciennes élèves, directrice de Carabintair, elle est restée si émotionnée qu’elle ne put parler; et, tout à coup, elle a dit : «Frère André! », et ses yeux brillaient. Notre Frère André vit dans le cœur de beaucoup d’Anselais et pour longtemps. Après avoir été, pendant une bonne dizaine d’années, un merveilleux professeur de chimie et d’anglais au collège Saint-Louis de Jérémie, il est venu me rejoindre à Anse-d’Hainault. Dans son nouveau poste, il a tenté un retour à l’enseignement au Lycée d’Anse-d’Hainault, mais il n’a pu terminer l’année. Cependant, il ne s’est pas arrêté pour autant. La vie était trop belle pour lui. Il s’est remis à la musique : banjo, guitare et orgue. Il a préparé la relève pour l’Église en donnant des cours de guitare, il a aidé des jeunes en leur donnant des cours d’anglais, il a embelli les solennités des fêtes de Noël et de la Saint-Jean-Baptiste, fête de la paroisse d’Anse-d’Hainault, en accompagnant les chants à l’orgue. Il a également embelli la vie de la maison en touchant l’orgue pendant une ou deux heures par jour.

« Novice » en informatique, et l’âge n’aidait pas, il lui arrivait souvent de  mêler les touches du clavier et je devais intervenir pour remettre tout en ordre. Il me remerciait toujours avec un grand sourire. Tous les jours, il tapait ses éphémérides et envoyait des courriels à ses nombreux amis de par le monde. Le programme qui lui plaisait le plus sur l’ordinateur était le jeu  « Free Cell ». Il a dû en faire environ 32000 et chaque jeu était annoté : facile, moyen, difficile ou X.

22.Charbonneau. missionUn jour, il a donné une leçon au Père directeur du collège Saint-Louis. Ce dernier avait l’habitude de faire mettre à genoux ses élèves qui n’étaient pas allés à la messe du dimanche. Notre confrère, passant par là, leur dit : « On se met à genoux devant Dieu seulement ». Et voilà que tous se lèvent. Au retour du Père, ce dernier leur demande pourquoi ils n’étaient plus à genoux. Ils lui répondent ce que Frère André leur avait dit. Ce fut la dernière fois qu’on les vit à genoux !

Notre confrère a rendu de grands services aux religieuses américaines qui construisaient un hôpital à Jérémie. Très souvent, sœur Carla lui demandait de traduire des textes anglais et il le faisait toujours avec joie et empressement. Il en profitait pour mettre son anglais à jour. Il avait toute une panoplie de dictionnaires anglais sur la médecine et la langue de Shakespeare, et, tous les jours, il les consultait.

André CharbonneauAvec l’âge, la mémoire commença à faire défaut : il oubliait les heures, il lui arrivait de poser plusieurs fois la même question ; on l’invita à rentrer au Canada, en 2003. Ce fut une grande perte pour l’Anse-D’Hainault.Il nous aurait fallu un plus grand nombre de confrères comme lui, cœur valeureux et généreux. Après une si généreuse carrière, la maladie sera sa compagne de vie, étape pénible qu’il saura assumer avec patience jusqu’au jour de la grande rencontre.

En Haïti, la relève s’annonce bonne. Je crois que notre Frère André y est pour quelque chose : du haut du ciel, il continue à nous aider.»

Frères Adélard Faubert et Réal Grenier

 

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