20. F. Amédée Dupré ( F. Honoré-Marie )

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Frère Amédée Dupré (Frère Honoré)

Né le 26 août 1914 à Saint-Anlsème (Montréal-Est) Québec

Première profession le 02 février 1931

Décédé le 4 juillet 2006 à la Maison Saint-Nicolas (Ahuntsic) Montréal

 Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) Québec.

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Fr. Amédée Dupré 2e à g.

Le 29 juin 2006, au milieu de la journée, quelques jours seulement après avoir célébré son 75e anniversaire de profession, entouré de ses confrères de la Maison Saint-Nicolas, le Frère Amédée Dupré s’éteingnait comme celui qui, personnellement cette fois, devait répondre à l’invitation du Maître : « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde » (Mat 25, 34).

Le chant et la musique comme plaisirs de la vie.

Je ferme les yeux pour mieux entendre les paroles d’une chanson, interprétée à la radio par Ginette Reno : « Je ne suis qu’une chanson; Je ris, je pleure à la moindre émotion; Avec mes larmes et mon rire dans les yeux, Je vous ai fait partager ma vie en rêve ou en réalité; Ça n’en demeure pas moins la vérité. »

En entendant ces paroles, tout naturellement, sans effort je revois la figure du Frère Amédée Dupré. Ce souvenir-flash me rappelle ce qui était chez lui un trait caractéristique de sa personnalité.

AmédéeD.anciensAmédée aimait chanter, faire chanter, entendre chanter. Il avait développé, par cet art, le sens du beau et accepté de consentir les efforts nécessaires pour l’atteindre. Durant toute sa vie active, et peut-être encore davantage à la retraite, il participait à des chorales paroissiales (Sainte-Suzanne, à Pierrefonds, Christ-Roi, à Sainte-Thérèse), à la chorale des Anciens gabriélistes qui assura le chant aux funérailles des Frères pendant de nombreuses années, et à celle des jubilaires qui rehaussait nos célébrations communautaires. Il animait aussi, par le chant liturgique, les eucharisties du samedi soir à sa paroisse. Lorsque l’une ou l’autre de ces chorales annonçait une pratique en soirée, le Frère Amédée consacrait une bonne partie de sa journée à des séances de vocalise et de pose de voix afin d’« être à son meilleur ». Il avait tout du professionnel qui recherche la perfection, quitte à répéter, répéter, répéter… il était devenu la référence pour ses collègues choristes qui l’appréciaient grandement comme un camarade, un ami.

Mais le frère Amédée appréciait aussi la voix des autres, celle de ses confrères, celle des interprètes professionnels. Plus particulièrement pendant les années de sa maladie, sa compagne de fin de vie, rien ne lui faisait davantage plaisir que d’écouter un enregistrement des belles voix de chez nous; et c’est par l’écoute douce et discrète de chants profanes ou mieux religieux, qu’il retrouvait la sérénité lors de moments d’anxiété ou d’agitation. Les dernières heures de sa vie se sont égrenées au rythme de cantiques, spécialement en l’honneur de la Vierge Marie.

2- La piété mariale comme amour de sa vie.

La vie spirituelle de tout religieux est habitée et alimentée par une présence, par un lien avec Quelqu’un qui devient le préféré de sa vie , son ami intime. Le Frère Amédée fut un homme de prière, modelé à la Montfort qui nous invite à aller à Jésus par Marie. La grande familiarité qui caractérisait sa piété filiale lui faisait nommer Marie tout simplement « maman »; tous savaient son grand attachement à sa mère Stéphanie, mais il passait de sa mère de la terre à celle du ciel sans préambule, comme si sa vie terrestre et sa vie surnaturelle tendaient à s’unifier.

Fr. Amédée le 1er à g..

Fr. Amédée le 1er à g..

Avec quelle affection admirative il nous montrait la photo de sa mère! Avec quelle affection da tendresse dirigeait-il notre regard vers un image de la Vierge Marie!

   À l’été 1984, « après avoir vécu 30 jours ignaciens, quoi de plus indiqué que de vivre les 30 jours montfortains » écrivait-il dans une note d’évaluation conclusive de ce temps de grâce. « C’est Marie qui m’a ménagé cette grâce des 30 jours, car je ne vois pas bien ce que j’avais mérité en ce sens ». Il poursuit plus loin. « Je regardais les conférenciers mais c’était Montfort que j’entendais et dans ces jours bénis, en toute quiétude, à loisir, je feuilletais avec plus de lumière la Divine Sagesse, la Vraie Dévotion, le Secret de Marie.

   Dans sa prière, il a sollicité le don de l’oraison et ses confrères peuvent témoigner qu’il a été exaucé. Sa vie s’est achevée comme il a toujours vécu : dans la foi de celui qui vit au quotidien malgré quelques heures d’angoisse. « de celui qui voit l’Invisible »; et c’est ainsi que son visage rayonnait de beauté.

2- La beauté souriante comme mode de vie.

AmédéeDu.Un dicton du terroir traduit bien, par l’image qu’il évoque, ce qu’on veut dire pour qualifier un homme bon : Bon comme du bon pain.» N’est-ce pas ce que chacun de nous qui l’avons connu, peut redire sans hésitation, du Frère Amédée Dupré, devenu pour les intimes «Médée»? C’était une familiarité pas du tout déplacée, qui exprimait la facilité d’être son ami. Qu’il se lève celui qui lui connaissait un ennemi! Au contraire, il était l’ami de tous, et tous étaient ses amiEs. Le contraire d’ailleurs lui aurait causé un immense chagrin, tant son cœur était sensible et délicat.

   À sa façon, Amédée a été un homme du monde, du vrai monde, du monde simple, du monde des pauvres : il s’est dévoué auprès des handicapés chroniques, auprès des itinérants alcooliques et ou toxicomanes de BonSecours. Particulièrement pendant sa retraite professionnelle, il a côtoyé simplement des gens du monde religieux, agents de la pastorale. Associés gabriélistes de Montfort, membres du Conseil des religieux de son diocèse, et pris part à leurs activités. Il fut également secrétaire de la Fédération des amis de Saint-Gabriel. Toujours, il se plaisait dans sa communauté et ne manquait aucune célébration communautaire, celle des jours de joie, comme aux jours de peine. Il mettait tout en œuvre pour faire régner le «Paix et Charité» le projet fraternel mis en évidence dans chacune de nos maisons.

  Amé.Dupré Toutes ces activités nous font presque oublier que le frère Amédée a eu une fructueuse carrière d’enseignant, d’éducateur et de formateur pendant plus de 30 ans, dont près du tiers au noviciat ou au juvénat. Sa période d’enseignement la plus longue a justement été au noviciat et les novices du temps ont gardé de lui le souvenir d’un frère joyeux, taquin, pince-sans-rire et dévoué à la cause du beau chant. Ses dons innés de bonté et d’aménité inclinaient les supérieurs à lui confier des obédiences considérées importantes dans la congrégation, dans les maisons de formation ou dans les internats. Il fut un bon professeur : la chaleur humaine qu’il dégageait aurait découragé tout élève de lui faire la vie dure ; c’était sans doute son secret pour créer et maintenir un climat de discipline propice au travail scolaire fructueux.

Saint-Anselme , Montréal

Saint-Anselme , Montréal

   Cette belle vie, longue et fructueuse, a commencé le 16 août 1914, dans la solennité de la fête de l’Assomption, se plaisait à dire le Frère Amédée. Il fut baptisé le lendemain à la paroisse Saint-Anselme dans l’Est de Montréal, dans le quartier »Hochelaga-Maisonneuve, sous le nom de Joseph Amédée Calixte. Son père Amédée lui a légué les belles qualités de son caractère que le Frère Amédée identifiait ainsi : serviable, doux et cordial. Sa mère lui a légué son côté entreprenant et pacifique ; elle était, selon son souvenir bien vivant, joyeuse et aimable avec les visiteurs mais surtout pieuse et dévote au Sacré-Cœur. Le Frère Amédée était l’aîné de la famille avec sa sœur et ses trois frères, dont deux, très jeunes, sont morts la même journée de la grippe espagnole en 1919. Ce qui a le plus pesé dans sa décision d’entrer dans l’Institut, vers l’âge de 14 ans, a été son désir d’imiter le Frère Paulin : c’est ainsi, bien souvent, que Dieu parle à ceux qui sont attentifs à sa voix. De son côté, à sa manière humble et discrète, le Frère Amédée aura été un soutien, un encouragement, un modèle pour plusieurs confrères par le seul charisme de sa présence fraternelle.

                                               Frère Raymond Leroux, sg

F. Amédée Dupré le 2 oct.  2001

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