16. F. Germain Proulx ( F. Lambert )

Proulx_Germain-1_photo_individuelle

6 juin 2013 (15).2

Frère Germain Proulx (Frère Lambert)

Né le 4 octobre 1910 à Saint-Camille (Watton) Québec

Première profession le 15 août 1927

Décédé le 6 mai 2003 à la Maison Saint-Nicolas (Ahuntsic) Montréal

 Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) Québec.

 

    église St-Camille de Wotton  Notre confrère Germain Proulx est parti pour la Maison du Père, le vendredi le 6 mai 2005. Né à Saint-Camille de Wotton, dans les Cantons de l’Est, au Québec, à 30 km de Sherbrooke, le 4 octobre 1910, Il était le septième enfant de Philippe Proulx, agriculteur, et d’Évelyne Bourque. Son père était «un homme très patient un vaillant travailleur, dévot à Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus et assidu à la récitation du chapelet ». Il mourut en 1948, à 65 ans. Sa mère était « pieuse, patiente »; en elle, il eut toujours une grande confiance. Elle décéda à l’âge de 86 ans, en 1967. Au cœur de l’Estrie, dont les habitants « étaient de fidèles observateurs des commandements », dans ce milieu familial qui comptera deux filles et neuf garçons, il apprit, par la pratique quotidienne, les secrets de l’harmonie, de l’entraide et de la prière ainsi que l’amour de la nature qui devaient marquer toute sa vie. Dès l’âge de cinq ans, il fit sa première communion, et à 10 ans, il fut confirmé par Mgr Charlebois, O.M.I.

   Maison Proulx... copie Jusqu’à 12 ans, il fréquente la petite école du Rang No 1 située à un demi-kilomètre de la maison familiale et où la discipline était bonne. L’année suivante, il aspire à consacrer sa vie uniquement à Dieu. D’où lui vient l’appel? Interrogé à ce sujet, il répondit : « Maman m’a fourni les renseignements sur les Frères de Saint-Gabriel. Je crois que le Frère Cyrille, Frère des Écoles Chrétienne a été mon recruteur. D’autre part, mes parents connaissaient le Frère Eudes et les Frères Duplessis de Saint-Gabriel…Les prières de maman ont fait le reste.»

  Il demande donc et obtient son admission au juvénat du Sault-au-Récollet, en 1923, parmi les jeunes qui manifestent quelque désir de la vie religieuse. Tout en s’instruisant comme tous les écoliers, ils peuvent s’initier à ce que sera la vie dans une communauté et juger si l’avenir qu’ils entrevoyaient correspond bien à leurs goûts. Soixante ans plus tard, Germain se remémorait son «grand voyage » des Cantons de l’Est à Montréal, première séparation d’avec sa famille. Il se rappelait aussi avec émotion les conférences quotidiennes du Frère Cécilius, directeur.

    Certains règlements d’alors sembleraient aujourd’hui très austères, mais étaient, à l’époque, acceptés sans la moindre surprise : ainsi les visites des parents à leur enfant une fois le mois, et les vacances vécues au juvénat même. Les jeunes s’habituaient assez facilement à ces us et coutumes de jadis. À preuve, l’exemple de Germain devait être suivi par deux de ses frères. En juin 1925, le juvénat du Sault se transporte à Saint-Bruno dans une vaste maison au flanc de la montagne, au grand plaisir de Germain, heureux de retrouver la grande et belle nature de sa première enfance.

f.Germain et une de ses nièces

f. Germain et une de ses nièces

  Trois ans plus tard, Germain revient à la première maison qui l’a reçu, devenue le noviciat. Les mois qu’il y passa lui parurent « comme un rêve ». L’année suivante, pourvu sans la moindre difficulté des lettres testimoniales coutumières exigées alors de l’évêché de Sherbrooke et de celui de Montréal, attestant de l’excellence de sa famille et de l’intégrité du comportement du jeune aspirant, il prononce ses premiers vœux sous le nom de Frère Lambert – qu’il gardera jusque dans les années 1960. Il renouvellera ses vœux , pour la vie, en 1933, donc après six ans de préparation finale. En juin 1927, on lui accorde une année de préparation immédiate à l’enseignement, année qu’il ne semble pas avoir prisée, car il l’a caractérisée comme « une année perdue » à cause d’une participation trop intense à la construction de l’allonge du noviciat.

    En 1928, il débute dans la carrière à laquelle il aspirait et qu’il vivra pendant de nombreuses et fructueuses décennies. Les études personnelles, dirigées par un centre communautaire, auxquelles il se livre pendant les quelques loisirs des années scolaires et les cours de vacances d’été lui permettront de parfaire ses connaissances.

    10.Germain & fPendant les 34 années suivantes, il enseigne et forme les jeunes, soit dans les écoles paroissiales, soit dans les pensionnats. Avec un zèle qui ne se dément jamais, il se dévoue à Sainte-Thérèse, Outremont (10 ans), Saint-Martin, Montréal-Est, Saint-Tite (9 ans) Saint-Stanislas, Christophe-Colomb et l’orphelinat Saint-Arsène (19 ans). Il se sent tout à fait à l’aise parmi les jeunes et se fait très bien accepter. Responsable, à maintes reprises, des enfants de chœur, il accomplit une excellente besogne. En dépit d’une santé souvent peu florissante, et que voilait une apparente sérénité, il se dévoue parmi les jeunes, impartial et toujours compréhensif, et sait leur communiquer son ardeur au travail.

    Il songea même aux missions, et le 16 juillet 1946, il écrivait au Frère provincial pour s’offrir comme missionnaire où il plairait au Seigneur. Le bon Maître se contenta de sa bonne volonté et lui aida à semer le bonheur et le bon exemple en son pays natal.

    Né le jour de la fête de saint François d’Assise, il semble avoir hérité de ses vertus qui ont caractérisé ses rapports avec son prochain et avec la nature. À l’image du Poverello d’Assise, Germain avait une âme limpide, un cœur ouvert à ses semblables – particulièrement aux jeunes et aux déshérités – et un esprit à l’écoute de la nature. Il semble avoir privilégié les valeurs évangéliques, telles une franche simplicité, la simplicité de vie, et une disponibilité de tous les instants à qui pouvait avoir besoin de ses services. Il garde néanmoins une forte attache à sa famille naturelle et entretient une étroite correspondance. En 1962, il devient portier à l’Orphelinat Saint-Arsène. Il quitte cette institution pour un stage de quatre mois de ressourcement spirituel au Second noviciat de la Maison généralice à Rome. Il revient ensuite à l’Orphelinat Saint-Arsène, à titre de bibliothécaire. À ces postes de relations, on se souviendra de son sourire, de sa patience et de sa bonté inlassable à l’égard des douze à quinze cents intelligences qu’il aura ainsi ouvertes à l’avenir et à qui il aura communiqué le goût de se façonner une vie féconde. Il aura entre autres, pour sa part, consacré 19 ans au service des orphelins.

    Germain.mérite.sCe n’est qu’en 1974 qu’il prend sa retraite après 46 ans d’apostolat direct au milieu de la jeunesse. Il établit alors sa résidence à la Fraternité Saint-Arsène tout en faisant du bénévolat à l’œuvre du Rosaire (Le Chapelet en Fraternité), et en continuait à se dévouer pour la communauté à laquelle il a toujours été fortement attaché. Il participe au travail des Archives pendant de nombreuses années, et veille au bien-être de ses confrères en menant une existence heureuse dans la charité et la piété. Il s’intéresse aussi à la philatélie et accumule une splendide collection.

    Quelques années plus tard, l’homéliste, lors des funérailles de Germain saura fort bien résumer cette vie humble et d’un dévouement continu. « Germain avait hérité de la patience de son père et de l’abandon total de sa mère à la volonté divine. Ces deux qualités, il les possédait bien et malgré les souffrances que lui occasionnait une de ses jambes qui ne voulait pas suivre l’autre, il parvenait à montrer une figure toujours épanouie. Son sel visage nous parlait de sa bonté et de sa douceur. On peut dire que dans ce visage humain apparaissait le visage divin.»

    famille Proulx..Germain a traversé les 95 années de sa vie avec une force de caractère tranquille qui laissait croire que tout lui était facile ; et pourtant, tel n’était pas le cas, il suffisait de causer avec lui pour découvrir la richesse spirituelle de sa vie et la profondeur de sa foi. Il avait remis sa vie entre les mains de Dieu, et c’est pourquoi on aurait dit qu’aucune difficulté n’avait de prise sur lui. Cependant, il souffrait beaucoup sans se plaindre jamais et sans perdre son aimable sourire.

    Où avait-il appris à vivre si paisiblement? Je pense qu’il lui a fallu toute une vie pour apprendre la sérénité et il y est parvenu par son assiduité à la méditation de l’Évangile, ce qu’il faisait tous les jours en consacrant une longue période de sa journée à Jésus eucharistique. C’est là qu’il trouvait la source d’une force et d’une paix qu’on ne peut acquérir qu’aux pieds du Maître Divin. C’est là aussi qu’il trouvait le secret de cette amabilité qui le rendait si attachant. À son contact, on devenait meilleur.

Proulx Germain

À la cabane à sucre

    Tout au long de sa carrière d’enseignant, il était devenu, comme son Maître Jésus, l’ami des enfants. Il avait sur eux un ascendant extraordinaire. Il les aimait tous et ceux-ci le lui rendaient bien ! La raison de cet ascendant, c’était qu’il avait lui-même gardé un cœur d’enfant. Ce n’est donc pas étonnant, s’il découvrait chez les enfants des choses cachées aux sages et aux savants ».

    En 1998, les infirmités le contraignent à se retirer à la Fraternité Saint-Gabriel où il lui est plus facile de recevoir des soins à l’Infirmerie Val-des-Rapides. Tout visiteur occasionnel pouvait remarquer sa présence à l’oratoire de cette maison où il se rendait prier régulièrement à l’aide de sa « marchette ».

    Lorsque cette infirmerie cesse d’exister, Germain passe à la Maison Saint-Nicolas. Il y vit dans la paix et dans la confiance en Dieu et en Marie, en semant le bonheur parmi ses compagnons. C’est de là que le Seigneur le convie à la récompense du bon et fidèle serviteur, le 6 mai 20905.

    Les funérailles de notre Frère Germain Proulx eurent lieu en l’église la Visitation de Montréal, le mardi 10 mai 2005, à 10h00. La dépouille mortelle fut inhumée au cimetière « Jardins Urgel Bourgie », à Laval.

                                                                                                          Frère Adélard Faubert

Au Havre Familial de g. à d. FF. Rolland Laforce, Germain Proulx, Victor Proulx, Rosario Savard. 2 oct,2001

SUIVANT: no 17                                                                                      PRÉCÉDENT: no 15

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :