14. F. Rosaire Halley ( F. Éloi-Marie )

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Frère Rosaire Halley (Éloi Marie)

Né le 24 mars 1913 à Saint-Maurice de Thetford-Mines, Québec

Première profession le 2 février 1930

Décédé le 11 mai 2004 à  la Résidence De-La-Salle, Sainte Dorothée, Laval

Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) Québec.

Église deThetford

Petit village de Saint-Maurice de Thetford-Mines

 Notre Frère Rosaire Halley a entendu l’ultime appel du Seigneur vers le bonheur éternel, le 11 mai 2004. Il était né le 24 mars 1913, en la paroisse Saint-Maurice deThetford-Mines, d’Arthur Halley, briquetier, né à Saint-David de l’Aubervière, « homme à tout faire, chantre dans la paroisse, bon travailleur, papa charmant, bon chrétien, très pratiquant, compréhensif et accueillant, heureux de voir son fils entrer dans la vie  communautaire »; et de Restitude Vallières, « Dame de Sainte-Anne, Tertiaire de Saint-François, ayant une dévotion particulière pour le chapelet, femme forte et courageuse, autoritaire et douce, qui eut une excellente réaction à la nouvelle du départ de Rosaire pour Saint-Bruno ». Tous deux sont décédés respectivement en 1920 et 1967. Il va sans dire que dans cette famille, la prière quotidienne était à l’honneur.

Frère André2Lui-même racontait le fait suivant : alors qu’il était tout jeune, il eut la paralysie infantile. À cinq ans, sur le conseil du médecin, on lui posa des appareils métalliques pour l’aider à se tenir debout et à marcher sans trop de fatigue. Or, encouragée par la renommée du «thaumaturge» du Collège Notre-Dame, le Frère André, sa mère conduisit Rosaire à l’ermitage où ce dernier recevait ses très nombreux visiteurs. Dès qu’il vit les supports de Rosaire, le Frère André dit à sa mère :  «Enlevez-lui cela, il va guérir». En toute confiance, les supports furent enlevés et bientôt après, l’enfant marchait et courait aussi bien que ses camarades. Et le Frère Rosaire ajoute : « Pendant plus de 62 ans j’ai pu me tenir debout et me promener,… et être coiffeur sans la moindre difficulté ».

Peu après la naissance de Rosaire, la famille, qui devait compter sept garçons et cinq filles, se transporta à Montréal ; ainsi Rosaire fit-il ses études primaires aux écoles Saint-Henri et Saint-Zotique. À 6 ans, il fait sa première communion et est confirmé par Monseigneur Gauthier de  Montréal. Il se souvient qu’en ce jour, il se sentait très heureux. Il partageait la dévotion familiale  du chapelet et assistait toujours au mois de Marie. À Saint- Henri, ses professeurs les Frères des Écoles Chrétiennes, l’ont grandement édifié. Après avoir passé une 1iere année d’étude à un Jardin d’enfance, il franchit les trois années suivantes au Collège Saint-Henri et la 5e au Collège Saint-Zotique.

Rosaire reconnaît que sa vocation a été très personnelle. Le désir de devenir religieux lui vint dans sa treizième année. Au début des vacances de 1926, il se rendit avec sa mère et une tante à une cérémonie de prise d’habit et de profession religieuse chez les Frères de Saint-Gabriel, au Sault-au-Récollet.

Juvénat St-Gabriel, Saint-Bruno

Juvénat St-Gabriel, Saint-Bruno

Impressionné par la beauté du site et encore davantage par la joie rayonnante de tous ces religieux et l’amour qui y régnait, il décida d’entrer dans cette communauté. En juillet, il est reçu au juvénat de Saint-Bruno où l’acclimatation se fait sans le moindre heurt. Il trouva que  « La discipline et la délicatesse fraternelle étaient excellentes, que toutes les conférences lui ont fait du bien, que les entrevues avec le Frère Cécilius lui avaient donné confiance et il fut enchanté des jeux très variés et de la politesse mutuelle que les jeunes y manifestaient ». Le juvénat fut pour lui un des plus beaux temps de sa vie. Dix ans plus tard, il sera très heureux de faire sa profession religieuse perpétuelle à Saint-Bruno

Quand approche le temps d’admettre Rosaire au noviciat, pour se conformer au Code de Droit Canonique de l’époque, le Frère Maître des Novices doit soumettre une demande à l’autorité ecclésiastique. Voici la traduction du texte que le Vicaire Général fait parvenir à la communauté, le 15 décembre 1928, deux mois avant le début du noviciat, de la part de Monseigneur Georges Gauthier, administrateur apostolique du Diocèse de Montréal : « Par les présentes, nous déclarons et témoignons à tous que Rosaire Halley qui nous est cher dans le Christ et qui a séjourné dans notre diocèse pendant quelques années, est né de légitime mariage, est d’excellentes mœurs, a vécu d’honnête façon, jouit d’une excellente réputation   a été élevé dans des conditions convenables et éduqué chrétiennement, n’a encouru aucune censure ni aucun empêchement canonique »

Ainsi, rien ne s’oppose à ce qu’il soit admis au noviciat des Frères de Saint-Gabriel. Rosaire complète sa formation initiale du postulat et du noviciat par deux années d’études au scolasticat. Il écrira que ce fut une école de formation à tous points de vue», Il y acquiert un premier brevet pédagogique et une initiation à l’enseignement que perfectionneront ses études postérieures et l’expérience quotidienne. Il rêve d’une carrière «ou il pourra ouvrir l’esprit et le cœur des jeunes selon les principes qui avaient assuré son propre bonheur.

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Exposition d’une de ses nombreuses peintures

Une splendide carrière de 42 ans comme éducateur et enseignant lui permit de réaliser ce rêve. Profitèrent tour à tour de son dévouement et de son zèle : Sainte-Thérèse, Saint-Étienne, Christophe-Colomb, Sainte-Rose, Saint-Lin, Ville-Marie, l’Orphelinat Saint-Arsène, Saint-Martin et Saint-Bruno. En 1968, il est enchanté de faire halte et de passer quelques mois à Rome pour la période de ressourcement spirituel et montfortain du Second noviciat. Treize ans plus tard, quand sonne l’heure de la retraite, il s’y initie en faisant, en France, le pèlerinage sur les Pas de Montfort, suivi de pieuses semaines au pays du Christ, dont il garde un fervent souvenir.

Il s’ingénie pour donner à ses élèves une formation intégrale. Par toute sa personne, il leur inspire le respect d’eux-mêmes et des autres et la fierté du travail bien fait. Il fallait le voir au milieu de sa classe : sans éclats de voix, sans menaces inutiles, menant son petit monde vers de brillants succès. Et leurs cahiers propres et bien ordonnés faisaient l’admiration de Monsieur l’Inspecteur ! En plus de sa classe, il se fait une agréable devoir de collaborer aux mouvements d’Action Catholique, à la Croisade Eucharistique, au groupe des Enfants de Chœur et des Servants de Messe et de la ligue du Sacré-Cœur

Depuis toujours grand amateur de musique, il dirige avec enthousiasme divers corps de clairons auquel il consacre maints loisirs. À l’occasion, il est heureux de faire profiter les paroisses de ses talents de chantre ou d’organiste. Poète à ses heures, il se plaît  à égayer les réunions communautaires et les anniversaires de naissance de ses confrères par des chansons dont il compose lui-même les paroles, bien adaptées au héraut du jour, sur des airs tirés du vaste répertoire canadien.

Religieux, exemplaire et fidèle au service du divin Maître il se montre toujours disposé à rendre service à ceux qui l’entourent. Au contact des jeunes, il conserve un élan et un printemps perpétuels. Avec enthousiasme, il devient Chevalier de Colomb dès que l’occasion se présente et assiste régulièrement à leurs réunions qui en peuvent que stimuler son ardeur à exprimer sa foi, sa fierté d’être catholique et son dévouement pour le prochain.

En 1974, quand sonne l’heure de la retraite, nous le trouvons à Belle-Vallée, oeuvrant avec ardeur à la pastorale paroissiale et aux camps d’été pour les jeunes. Il est officiellement mandaté comme « animateur de pastorale » à Haileybury en 1974, par Monseigneur Jacques Landriault, évêque de Timmins. Il était préparé à cette tâche par des cours de perfectionnement en Sciences Religieuses à Val-Morin. Il y est aussi six ans professeur de piano. Il est fier d’avoir présenté une soixantaine de candidats au Conservatoire Royal de Montréal, « qui ont tous réussi ». Il agrémente ses loisirs en s’adonnant à la peinture : selon les saisons, ses tableaux reflètent la fraîcheur et la verdure estivale ou la sérénité de nos hivers. Artiste consciencieux il avait suivi des cours par correspondance de l’école des Beaux-Arts de Paris

Il se joint à la Fraternité Francis en 1982, pendant de nombreuses années, il consacre une bonne partie de son temps à la musique et à la peinture. Avec bonheur et bienveillance, il initie de jeunes débutants aux secrets des arts qu’il possède si bien lui-même. Sous une forme ou une autre, il peut compter 60 ans consacrés à la formation des jeunes de la deuxième à la onzième année scolaire ou par des cours bénévoles. Il est aussi coiffeur émérite : bon nombre de confrères se succèdent sur le fauteuil de Rosaire toujours disponible. Il se rend à l’Infirmerie Val-des-Rapides pour rendre le même service à tous les malades qui le désirent.

 

   En 1992, suite à une intervention chirurgicale, il doit passer plusieurs mois à l’Infirmerie Val-des-Rapides. Fidèle à lui-même, il y demeure ce qu’il a toujours été : patient, pieux et accueillant. Il rend la tâche des préposés la plus agréable possible.

   De retour à sa Fraternité, un accident l’empêche de poursuivre ses promenades quotidiennes. Heureusement, il peut toujours se rendre en voiture aux offices liturgiques et à toutes les réunions communautaires; il peut aussi continuer de visiter ses confrères malades. D’autre part, ses confrères l’élisent pendant sept ans leur supérieur.

   Halley.jubiléSa correspondance aux supérieurs témoigne d’un profond respect de l’autorité ; celle à ses confrères, d’un grand attachement à Saint-Gabriel ; à sa parenté, d’une chaude et religieuse affection. Rosaire est un homme attentif à ses confrères, méthodique en tout ce qu’il fait, ayant toujours à cœur de faire plaisir, il ne ménage jamais sa peine et son ingéniosité pour rendre agréable la vie de chacun. Il est profondément heureux et il sème le bonheur autour de lui, vivant déjà ici-bas la béatitude du Seigneur : « Heureux les doux et les pacifiques

   Sa jeunesse d’âme, sa sérénité toujours au beau fixe, sa délicatesse et sa jovialité qui se traduisent par un sourire continuel et une chaleureuse poignée de mains, font de lui un confrère charmant. Religieux fidèle et régulier, il est une figure vénérable à la chevelure d’argent et au coeur d’or, ou brillent le respect de l’autre, l’accueil et le dévouement inlassables. Ses journées s’écoulent dans la reconnaissance au Seigneur pour toutes ses bontés au long de ces belles années remplies de paix, d’harmonie et d’amour.

  Rosaire Sa vie durant, Rosaire suivit le Maître qui est venu «non pour être servi, mais pour servir ». Il se révéla homme de foi, assidu au partage du Pain et de la Parole, plein d’espérance en dépit de la maladie, centré sur le Christ par la prìère à sa Mère, la reine du rosaire. Quand la maladie le contraint au repos et que la marche lui devient trop pénible, il prend gîte à Sainte-Dorothée à l’infirmerie des Frères des Écoles Chrétiennes, où il édifie et réjouit les confrères par son entrain et ses bons mots. Quelques mois plus tard, le divin Maître, ami des jeunes de caractère et de cœur, accueille Rosaire en son paradis, en sa 92e année.

                                               Frère Adélard Faubert, sg.

 

Lors des fêtes organisées par la paroisse de Ville-Marie en l’honneur du Frère Arthur Bergeron qui était proclamé le citoyen de l’année 1978, et qui fêtait 50 ans de vie religieuse. De gauche à droite : 1er rang : FF. 1. Jacques Blais, 2. Arthur Miron, 3. Marcel Raymond, 4. Rosaire Halley, 5. Georges-Émile Bolduc, 6. Germain Lacoursière 2e rang : FF. 1. Alexandre Leclerc , 2. Gérard Deshaies, 3. Théodule Legault 3e rang : FF. 1. Jean Martel 2. Charlemagne Dion, 3. Alexandre Landry, 4. Robert Desrosiers 4e rang : FF. 1 ? , 2.Édouard Rivest, 3. François Tessier, 4. Albert Daudelin 5e rang : FF. 1. André Forget, 2.Alphonse Perras, 3. Roger Gagnon, 4. Jacques Vézina, 5. Rodolphe Proulx, 6. M. Fortin, 7. Jean-Louis Bolduc.

Lors des fêtes organisées par la paroisse de Ville-Marie en l’honneur du Frère Arthur Bergeron qui était proclamé le citoyen de l’année 1978, et qui fêtait 50 ans de vie religieuse.
De gauche à droite : 1er rang : F.F. 1. Jacques Blais, 2. Arthur Miron, 3. Marcel Raymond,
4. ROSAIRE HALLEY, 5. Georges-Émile Bolduc, 6. Germain Lacoursière
2e rang : F.F. 1. Alexandre Leclerc , 2. Gérard Deshaies, 3. Théodule Legault
3e rang : F.F. 1. Jean Martel 2. Charlemagne Dion, 3. Alexandre Landry, 4. Robert Desrosiers
4e rang : F.F. 1 ? , 2.Édouard Rivest, 3. François Tessier, 4. Albert Daudelin
5e rang : F.F. 1. André Forget, 2. Alphonse Perras, 3. Roger Gagnon, 4. Jacques Vézina, 5. Rodolphe Proulx, 6. M. Fortin, 7. Jean-Louis Bolduc.

 

 

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