11. F. Édouard-Charles Vermette ( F. Oscar )

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Vermette

Frère Édouard-Charles Vermette (frère Oscar)

Né le 2 février 1900 à Saint-Augustin (Deux-Montagnes) Québec

Première profession le 22 août 1916

Décédé le 16 janvier 2003 à la Maison Saint-Nicolas (Ahuntsic) Montréal

Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) 

Frère Édouard-Charles Vermette

St-JanvierAprès avoir épuisé le rituel de la congrégation, notre doyen est rentré chez Dieu le 16 janvier 2003, à l’âge de 102 ans 11 mois et deux semaines. Bien qu’il fût doté d’une assez robuste constitution, la canicule du mois d’août précédent l’avait plongé dans des souffrances, surtout morales, et une langueur telle qu’il s’était progressivement enfermé en lui-même.

Nous vivions avec lui au quotidien avions peine à reconnaître celui qui naguère aimait causer, s’occuper sans jamais perdre une minute et qui ne dédaignait pas s’asseoir au coin de la table pour participer aux activités sociales à la Maison Saint-Nicolas ou pour une partie de cartes lorsqu’il vivait à Champlain puis à Laval des rapides. Il ne ratait aucune occasion de fraterniser avec ses amis. Alors, pour lui, cesser de causer, de lire, de faire ses « casse-tête » et ses mots croisés, de contempler la nature ou de regarder la télévision, c’était cesser de vivre. Mais il avait longtemps refusé de démissionner.

Passées ces heures difficiles, il nous plaît de retrouver dans nos mémoires le souvenir d’une existence aussi riche que longue, aussi méritante que discrète. Défi de taille vraiment que de vouloir circonscrire en quelques pages cent trois années d’existence et quatre-vingt-trois de vie religieuse apostolique.

Sur une bonne lancée

Maison pro_modifié-1Entré dans la vie au sein d’une famille terrienne à la foi solide comme le roc, un jour de la Chandeleur, à la Côte-des-Anges, en la paroisse de Saint-Augustin des Deux-Montanges, il se voit conférer au baptême le prénom de l’évêque de Montréal, Mgr Fabre, mort depuis peu. Rien d’étonnant à ce que, sous de tels auspices, il se révèle un enfant modèle et qu’il réponde généreusement, avec l’appui enthousiaste de son père et de sa mère, à l’appel à se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. Il est permis de considérer qu’il fut un cadeau du ciel à la jeune Province gabriéliste canadienne, puisqu’il s’est joint à la communauté, le 4 septembre 1913, le jour même où celle-ci célébrait le 25e anniversaire de l’arrivée des six premiers Frères au Canada.

Il nous a avoué un jour avoir vécu une pénible rupture lorsqu’il est parti pour le juvénat du Sault-au-Récollet, laissant à la maison son père, Abondius, sa mère Zénaïde Gauthier, ainsi que huit frères et sœurs. Il décrivait le premier comme un homme bon et autoritaire, doté d’un solide jugement, sérieux, assidu aux exercices religieux et impliqué au plan social en tant que conseiller municipal. Le Frère se souvenait avoir été à l’aise avec lui, ajoutant qu’il le craignait un peu en même temps. Il disait de sa mère qu’elle était aimable, bien qu’un peu scrupuleuse, qu’elle aimait beaucoup ses enfants, rivalisait de piété avec son époux, priait beaucoup la Vierge Marie, respectait le prêtre et, ce qui ne gâte rien, qu’elle était gaie et qu’elle chantait fort bien. Ses bons parents lui auront communiqué leurs vertus de foi, de piété et de droiture qui feront l’apanage de toute sa carrière.

3.Verm,ette 3Le jeune homme laissait aussi son paisible et pittoresque village, dont les rues étaient encore éclairées au fanal et les maisons à la lampe à l’huile. Il aimait son église paroissiale, son « moulin à scie », sa forge, sa boulangerie, sa sellerie, sa beurrerie, sa tannerie, ses deux magasins généraux, ses deux modestes hôtelleries et sa gare du Pacifique Canadien. Lors de son départ, en 1913, la municipalité commençait juste à macadamiser la rue principale. Il aimait aussi son école de la Côte-des-Anges avec ses deux classes, ses institutrices, Mlle Carrière, dont deux des fils deviendront aussi Frères de Saint-Gabriel et Mlle Desjardins qui ajoutait à son enseignement le luxe d’un petit cours de langue seconde. Comme les autres enfants, il appréciait les visites du pasteur quand il venait les confesser, leur faire passer un petit examen et leur prodiguer ses encouragements. Il avait plu aussi à Édouard-Charles de « marcher au catéchisme » cette année-là, pour se préparer à la première Communion, car M. le curé Camille Rochon donnait un solide enseignement.

Premiers pas dans la vie de Frère

Oui c’est impressionnant de quitter si jeune la maison paternelle, mais le désir de voir du nouveau l’encourageait. Ne connaissant nullement les Frères de Saint-Gabriel – c’est Monsieur le curé qui lui avait conseillé de se joindre à eux – il se confiait à la Providence. N’empêche que le chagrin le rongera pendant trois mois.

2.VermetteLe jour de son arrivée, les juvénistes pique-niquaient à un kilomètre de la maison, au Bois des Sulpiciens. Ils profitaient du congé du Supérieur général qui marquait le 25e anniversaire de la jeune Province. Deux autres jeunes gens arrivèrent en même temps que lui. Le Frère Louis-de-Montfort les accueillit paternellement, puis le Frère Pol-de-Léon les amena rejoindre la communauté pour une réception fraternelle suivie du souper. Tout était nouveau et le jeune Édouard-Charles remarqua surtout l’amabilité du Frère directeur et l’empressement des confrères à initier les nouveaux venus. C’est toutefois le Frère Emmanuel (futur Suprieur provincial et Assistant général) dont l’influence le marquera le plus à cette étape de sa vie. La première visite de ses parents en octobre, la venue d’un cousin qui le rejoignit au juvénat, la célébration des fêtes de Noël et du Jour de l’An, sa promotion à une classe supérieure dès le mois de janvier, sa réception comme apôtre du Sacré-Cœur, sont autant d’événements qui contribueront à son enracinement dans son nouveau milieu.

En février 1918, on le retrouvera au postulat puis, en août de la même année, au Noviciat, sous la direction du Frère Tarcisius qu’il a beaucoup estimé et à qui il vouera une reconnaissance éternelle pour lui avoir appris les éléments de la vie religieuse. Ses professeurs, les Frères Chanel, Louis-de-Gonzague, Narcisse et Conrad l’ont aussi grandement édifié. Il se souviendra avec tendresse de sa première consécration à Jésus par Marie, le 25 mars 1915.

À cette époque, le scolasticat n’étant pas encore formellement organisé, cette période était plus ou moins une prolongation du noviciat, dans le même lieu et avec les mêmes maîtres. Cependant, au second semestre qui suivit sa profession, lorsque le groupe de jeunes étudiants compta une dizaine de membres, les études allèrent bon train et des examens eurent lieu à la fin de l’année 1916. Le Frère Oscar reçut sa première obédience à la clôture de la retraite annuelle tenue à l’Orphelinat Saint-Arsène. Il poursuivit ses études, tout en enseignant, jusqu’à l’obtention du diplôme de l’Institut Saint-Gabriel, en 1928, du brevet complémentaire d’École Normale du département de l’Instruction publique du Québec en 1938 et du Brevet supérieur en 1941.

Un enseignant modèle

4.VermetteIl m’a été agréable de cueillir de la bouche de l’un de ses anciens élèves à Saint-Jacques de Montcalm, le Frère André Contant, un témoignage direct concernant ses qualités pédagogiques. Maître patient, il alliait douceur et fermeté. Loin d’être ennuyeux, il était plutôt dynamique, avait de la méthode, stimulait ses élèves en les appelant souvent à travailler en équipes.

Dix institutions profiteront de ses services, soit comme enseignant, soit comme directeur (durant huit mandats), soit comme directeur adjoint, soit comme secrétaire (les cinq dernières années). Mentionnons l’Orphelinat Saint-Arsène où il fit ses premières armes, Saint-Étienne de Montréal, Acton Vale, Saint-Martin de Laval, Saint-Stanislas de Champlain, Saint-Jacques de Montcalm, Sainte Thècle de Laviolette et Saint-Tite. Il sera le directeur fondateur de deux autres établissements à Saint-Adelphe, comté de Champlain et à Saint-Sauveur de Shawinigan-Sud. En 1953, il sera désigné comme conseiller provincial de la nouvelle Province gabriéliste de Champlain. Sa carrière éducative s’étalera sur une période de cinquante-deux ans, entrecoupée de deux sessions de second noviciat et de quelques courtes périodes de maladie.Elle sera suivie d’une autre période de dix-huit ans de retraite active comme archiviste provincial, bibliothécaire et magasinier du juvénat Notre-Dame-du-Rosaire de Champlain. Travailler ainsi, jour après jour, jusqu’à quatre-vingt-sept ans, il faut le faire!

VermetteUn confrère et un parent attachant

Comme ses confrères, ses neveux et nièces de trois générations ont apprécié cet oncle aux allures de sage grand-père, dont la compagnie était si agréable, qui savait rendre captivantes les moindres anecdotes et qui se gardait bien de révéler en passant quoi que ce soit qui ait pu ternir la réputation des personnes en cause.

Corps trapu, intelligence ouverte, bon jugement, attitude réservée, peu prodigue de paroles, le Frère Édouard-Charles se révéla toujours l’aimable compagnon avec qui il fait bon vivre.

Sa parole et son pas trahissaient un métabolisme lent, cela ne l’empêchait pas d’être un travailleur ponctuel, un narrateur toujours intéressant, servi jusqu’en ses derniers jours par une mémoire d’une remarquable fidélité.

Frère Édouard-Charles laisse à sa nombreuse  « descendance » de frères, de parents et d’élèves le modèle d’une vie remplie à ras bord de labeur, d’implication communautaire, digne des plus belles offrandes. Il lui laisse l’exemple de la satisfaction du devoir, non seulement parfaitement accompli, mais effectué dans la joie et la sérénité.

Toujours alerte, jusqu’aux derniers mois qui ont marqué son déclin, il a continué à être pour ses frères un sujet d’édification par sa ponctualité à la prière et sa participation joyeuse à la vie de la communauté. Amateur de voyages instructifs, il aimait se joindre chaque année à une excursion de vacances plus ou moins prolongée qu’il préparait de longue date avec un soin minutieux.

Je ne puis résister à citer à l’appui de mes propos, ceux que le Frère Lucien Carpentier lui a offerts en hommage, dans un chant que nous avons exécuté, sur l’air de «Mon beau sapin », lors de son 75e anniversaire de profession religieuse :

Tel un chêne

Faisons céans trêve au festin pour chanter les louanges D’un vétéran dont le destin n’a pas encore vu le déclin. Gloire à ton fils, Saint-Augustin Honneur au rang-des-Anges.

Tel un chêne qui, sans arrêt, brave le temps et dure, aux outrages des ans soustrait, de la jeunesse ayant les traits, notre doyen garde, il est vrai, encore fière allure !

Éducateur de grand renom, il fit belle carrière. En digne fils de Louis-Grignion, il traça bien droit le sillon sans rien reprendre dans le don, ni regard en arrière !

À vous nos cœurs, nos chants, nos vœux, vénéré Jubilaire. Esprit vif et corps vigoureux, vivez longtemps, vivez heureux. Aimé de tous, béni de Dieu, Devenez centenaire !

Une vie tout entière misée sur dieu seul

J’ai mentionné plus haut le goût du Frère pour le jeu de cartes. Pendant les dix-sept ans où nous avons vécu dans la même maison, j’ai eu le privilège d’être tantôt son partenaire et tantôt son adversaire. J’atteste qu’il  était un joueur avisé, redoutable même. C’est ce bon souvenir que j’ai évoqué dans l’Homélie de ses funérailles : « Homme de foi sincère, je pense qu’il aurait volontiers comparé la vie à une partie de cartes avec le Seigneur. C’est lui qui donne le jeu, sa Parole, des appels particuliers, des personnes, des événements, son Église. Comme on le dit aux cartes : ‘c’est à lui de parler, c’est lui qui annonce. À d’autres moments, c’est à nous de parler : accepter ou non ses invitations, suivre ou non Jésus. Parfois, on passe son tour. Puis, c’est lui qui passe son tour : on ne le voit plus, on ne comprend plus, on voudrait savoir son jeu. De temps en temps, on lui passe un petit bluff… on lui fait croire des choses… on s’imagine qu’il va tomber dans le panneau. On fait des choix dans la vie, on prend des cartes, on en laisse tomber d’autres. On choisit des valeurs, on en néglige d’autres. On perd une brasse, on en gagne une autre. On parie gros parfois. Il nous arrive même de tricher. Pourtant s’il y en a un qui voit dans notre jeu, c’est bien le Seigneur. C’est tout cela une vie et même davantage. Puis arrive un moment où tout est brisé : la souffrance entre dans nos vies. Une mort à petit feu. Puis la vraie mort. Un non-sens, une brisure, un choc : pourquoi faire tant d’efforts, jouer si intensément avec le Seigneur et que cela finisse ainsi…?

…Le Frère Vermette, vous serez d’accord avec moi, a joué ses cartes de son mieux. Comme chacun de nous, il n’avait pas la main parfaite, mais il a essayé de se faire un jeu gagnant. À la veille de son 103e anniversaire, le Seigneur a dû trouver qu’il avait eu assez de temps pour ramasser ses cartes et se faire un beau jeu. Le moment de mettre cartes sur table est venu. C’est toujours là qu’on doute de son jeu, qu’on se dit qu’il n’est peut-être pas le plus fort. On trouve qu’on a les mains vides pour paraître devant le Seigneur. On se demande quel est son jeu. Ce qu’il va faire, lui qui a les quatre as? Écraser son adversaire en disant :« Dommage, tu n’es pas assez fort? » Non. Le Seigneur fait comme n’importe quel père quand il joue aux cartes avec son petit : il le laisse gagner. Ça fait tellement plaisir au petit… Il a fait tellement d’efforts ! Le battre, ça ne se fait pas. N’en doutons pas, le Seigneur concède la victoire avec infiniment de joie.»

Vermette6Le crépuscule d’une belle vie

Lors de la fusion des Province de Montréal et de Champlain, en 1995, notre confrère choisit de venir prendre résidence à la Fraternité Saint-Gabriel, voisine de l’infirmerie intercommunautaire de Val-des-Rapides où il serait assuré du suivi médical dont il avait besoin. Il n’en conserva pas moins ses contacts avec l’ensemble des fraternités de la Province et avec les membres de sa famille qui le visitaient et qui l’accueillaient avec la chaude affection que lui valaient et son âge et les excellents services d’un authentique gabriéliste. Quelques années plus tard, il sera intégré à l’infirmerie proprement dite, puis lorsque celle-ci fermera ses portes, il sera transféré à Montréal, à la Maison Saint-Nicolas que la Province du Canada a créée pour accueillir ses propres malades  à compter du 1er août 2001. Le 2 février de l’an 2000, on s’apprêtait à célébrer de façon grandiose le centième anniversaire de notre vénérable confrère, une première dans la communauté canadienne, mais voilà que ses appréhensions, face à cette fête, firent monter tellement sa tension artérielle qu’il fallut le transporter à l’hôpital. À son retour, par précaution, il demanda à recevoir l’Onction des Malades, entouré de ses confrères. Il y participa en toute lucidité et avec piété. Désormais, il ne sembla nullement pressé de nous quitter. En peu de jours, il retrouva son état de santé normal et reprit son rythme de vie habituel. C’est un an plus tard, alors qu’il se sentira plus en forme, qu’on célébrera, dans sa nouvelle résidence, avec la solennité qui convenait, son 101e anniversaire en la fête de la Chandeleur. Il sera entouré du Frère Supérieur provincial, de quelques confrères et amis invités, ainsi que quatre de ses neveux.

1.Vermette É-CLe cher jubilaire eut encore une année pour préparer le grand voyage et jouir des soins et de l’amitié de sa communauté et du personnel de sa maison. Son entourage édifié pouvait vérifier chez lui la justesse de l’affirmation du psaume 91 qui dit du juste :« Vieillissant, il fructifie encore; il garde sa sève et sa verdeur. Après nous avoir tous édifiés au long d’une superbe carrière gabriéliste, Frère Édouard-Charles Vermette est allé jouir de l’éternelle jeunesse dans la maison de Dieu. Ses funérailles, qui réunirent un grand concours de gabriélistes, de parents et d’amis, en l’église de la Visitation du  Sault-au-Récollet, ont été une véritable célébration, car le moment était venu de dire merci au Seigneur d’être ce Père qui nous laisse gagner la partie qu’il veut bien jouer avec nous. Nous avons célébré ce que notre Frère a été pour nous et nous avons remercié Dieu et Marie de nous avoir donné cet homme édifiant, attachant et bon vivant. Nous l’avons remercié de ce que lui, notre proche, notre ami, vit désormais et pour toujours, auprès du Seigneur parce que, par sa foi, et sa persévérance, il a gagné la partie et le Maître du jeu lui a décerné le plus grand des «Oscars». C’est ce qu’affirme avec force la règle de Vie de notre institut dans son dernier article.

« Quand viendra l’heure de la mort et du choix définitif, affermi par ton acceptation toujours renouvelée de la volonté du Seigneur, assisté par Marie sa Mère, soutenu par tes Frères, tu diras : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Tu passeras de la mort à la vie, prémices de tes Frères et des hommes que tu auras évangélisés.»

Frère Guy Saint-Onge, ptre., f.s.g.

18.L.Desro.C-A.Session

Session à Rome: – de g. à d. 1er de la 3e rangée: Frère Édouard-Charles Vermette.

 Rome – La session des anciens – 25 Frères venus de neuf secteurs : Afrique Équatoriale, Belgique, Champlain, Malaisie, Madagascar, Montréal, Nantes, Poitiers et Saint-Laurent

 

 

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