07. F. Marcel Monette ( F. Alphonse-Gabriel )

 

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Monette.07

Frère Marcel Monette (frère Alphonse-Gabriel)

Né le 6 octobre 1919 à Nominingue (Labelle) Québec

Première profession le 15 août 1936

Décédé le 17 janvier 2002 à la Rés. De-La-Salle, Sainte-Dorothée (Laval) Québec

Inhumé au cimetière «Les Jardins Urgel Bourgie» (Laval) Québec.

 

Église du Nominingue

Église du Nominingue

Notre Frère Marcel Monette nous a précédés au Royaume de la vie éternelle, le 17 janvier 2002. Né le 6 octobre 1919, à Nominingue, comté de Labelle, il appartenait à une famille qui comptait une fille et quatre garçons, descendants de Raoul Monette , cultivateur natif du Sault-au-Récollet, décédé en 1922, alors que Marcel n’était que dans sa troisième année et de Graziella Blondin, décédée en 1981, à 82 ans. Il garda pour sa mère «un grand amour et une profonde vénération.»Il se souvenait d’elle comme d’une femme « plutôt craintive, ayant peur de l’isolement, mais ferme, et très dévouée. » Elle fut très fière et heureuse de voir son fils entrer chez les Frères de Saint-Gabriel.

L’un des membre de la famille Monette avait fait de sérieuses recherches sur les ascendants de la famille. Il parvint à établir qu’au seizième siècle, une partie des ancêtres étaient des Huguenots partisans du duc de Navarre et même que leur chef avait été parmi les victimes des Massacres de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. Cependant tous les ascendants qui vinrent en Nouvelle-France étaient catholiques. En 1778, Jean Monet dit Boismenu, originaire de Saint-Hilaire de Dam-pierre-sur-Boutonne, vient s’installer à Pointe-aux-Trembles (montréal), Dès le dix-septième siècle, des Monet, Monette, ou Boismenu se rendent en Louisiane, au sud des futurs États-Unis, et en Nouvelle-Angleterre, pendant que d’autres viennent comme colons à Montréal et ses environs ou dans les villages plus ou moins éloignés.

Monette.1Les grands-parents paternels de Marcel demeuraient au Sault-au-Récollet où ils étaient fermier. Sa grand-mère était une personne «d’une extrême bonté et d’une grande patience.» Ses grands-parents maternels vivaient dan la campagne de Saint-Lin. Sa grand-mère paternelle lui enseigna ses prières et le catéchisme dans le grand «catéchisme en images», très populaire à l’époque. Dans la famille, tous récitaient la prière du soir en commun ; quant à la prière du matin, chacun la récitait seul, mais la disait à haute voix. Pour aider la maman, jeune veuve dans la vingtaine, un oncle paternel et une tante adoptèrent Marcel.

Marcel fit sa première communion à 7 ans lorsqu’il suivait les classes à l’école Notre-Dame-du-Rosaire de Montréal et reçut la confirmation dès le lendemain. À titre d’orphelin il connut de nombreux établissements scolaires avant d’entrer au juvénat de Saint-Bruno. Préparatoire et première années à Notre-Dame-du-Rosaire, 2e année à Jean-Talon et au Saint-Enfant-Jésus du Mile-End, 3e et 4e année à l’Orphelinat Côte-de-Liesse

En septembre 1931, nous le trouvons à l’Orphelinat Saint-Arsène. C’est de là que, le 6 mars 1933, pour imiter ses enseignants dont il admirait «la piété et le dévouement», goûtant particulièrement l’enseignement religieux des Frères Philippe-de-Jésus et Hilaire-d’Arles, à l’invitation du grand recruteur, Frère Blaise, il entra au juvénat de Saint-Bruno.

Il s’y adapta très rapidement. Il souligne lui-même que «le changement n’était pas grand ; je changeais simplement de pensionnat». Il y estima spécialement les Frères Ermel, cuisinier, et Paul-de-laCroix, socius du directeur, le bel accueil du Frère Cécilius-Marie, et la bienveillance de son jeune «ange gardien» Armand Proulx. Il s’intéressa vivement a la classe et tout autant «aux travaux à effectuer dans la maison et au dehors, la prière le chant grégorien qu’il commençait à apprendre». Il note comme l’ayant vivement impressionné : «le courage du Maître, Frère Benoît d’Aniane, la patience du Frère Théophane et l’égalité d’humeur du Frère François-Solano», plus tard provincial et assistant-général.

À 15 ans, il passe au postulat de la rue Taché, à Montréal, puis au noviciat où il reçoit le nom d’Alphonse-Gabriel qu’il gardera jusqu’en 1965. Le 15 août 1936, il prend ses premiers engagements temporaires qui deviendront perpétuels après les six années canoniques. Trois années au scolasticat le préparent à la mission d’instituteur religieux qu’il ambitionnait depuis le juvénat, quand il avait compris que ce «pensionnat» était fort différent de ceux qu’il avait connus auparavant et lui permettait d’entrevoir un bel avenir.

Il fait ses débuts à l’école Saint-Étienne de Montréal, de 1939 à 1944. il passe ensuite à Saint-Romuald, où il commence une activité qu’il se plaira toujours à remplir : la direction du chœur de chant de l’école.. On lui confie aussi la gymnastique et l’entretien de la patinoire des jeunes. Après une année à l’école Christophe-Colomb, le voici à l’Orphelinat Saint-Arsène qu’il avait quitté pour le juvénat treize ans auparavant. Outre la classe qu’il accepte volontiers, il y connaît un dévouement continuel : surveillance des récréations et du dortoir, responsabilité du restaurant, entretien de six patinoires et organisation des clubs de hockey au cours des hivers. Don de soi inconditionnel ! Il ne néglige pas pour autant la chorale de l’O.S.A. Des artistes du poste de radio CKVL viennent chaque année à la messe de minuit pour s’enchanter les oreilles aux mélodies des orphelins.Quand viennent les vacances de l’été, il se rend des plus utiles y goûtent des semaines de repos. Muté à l’école Saint-Odilon au Cap-de-la-Madeleine de 1951 à 1955, il poursuit cette présence aux «grèves» pendant les deux premières années de ce stage à 150 km de distance. 

Il passe l’été de 1954, à Farnham parmi les éducateurs qui se forment à l’art de diriger les Cadets de l’Armée dans les écoles. Il y obtient le grade de Lieutenant de l’Armée de Réserve canadienne. Pendant l’été de 1955, il laisse toutes ces occupations pour se joindre aux douzaines de frères inscrits à une retraite intense à Beaubois du 29 juin au 22 août, animée par le Frère Gabriel-Marie., Supérieur Général. Il en ramène un gros cahier de notes qu’il se plaira à relire au cours des ans. Nombre d’étés suivants sont consacrés à des cours qui lui valent des certificats `le chant grégorien, à l’Université Laval, les sciences religieuses à la suite de cours mis en œuvre par la Commission épiscopale.

Pendant les six années qui s’échelonnent de 1955 à 1961, il enseigne et se dévoue dans les activités parascolaires au Collège de Saint-Stanislas, et aux écoles de Saint-Tite et de Thetford-Mines. En 1961, on l’assigne au Juvénat Notre-Dame-du Rosaire, à Champlain, comme professeur et assistant-directeur. Il y connaît toutes les formes de dévouement qui sont les siennes depuis bientôt vingt ans. En 1964, il est enchanté de passer quatre mois à Rome pour le Second Noviciat et revient ensuite à Champlain comme assistant-directeur.

Les dix années suivantes le voient dans une sphère de dévouement fort différente. En décembre 1965, on lui demande d’organiser un camp de vacances pour jeunes au Lac Ayotte de Saint-Timothée (Hérouxville). En janvier 1966, il prépare un premier prospectus sous le titre :«Camp Val Notre-Dame». Les suggestions de Marcel sont acceptées d’emblée et on lui associe deux Frères comme aides. Ce qui ne l’éloigne aucunement de son poste d’.assistant au Juvénat, pendant Qu’il veille à l’éclosion du camp. En 1972, il obtient d’être dégagé de tout enseignement et est muté à Saint-Tite, non loin de Saint-Timothée (Hérouxville), d’où il peut voir, à l’année longue, à l’organisation et au bon fonctionnement du Camp Val Notre-Dame.

Marcel était un homme de relations. À la fraternité Saint-Gabriel, il animait les rencontres par des chansons à répondre, des saynètes… Chez les Chevaliers de Colomb, il se fit grandement estimer, de sorte que le 11 juin 1983 il devenait au quatrième degré, Sire Chevalier Marcel Monette à Kirkland Lake (Ontario). Depuis l’année précédente, il avait quitté le Québec et oeuvrait dans la province voisine, l’Ontario.

Monette.3Dans une lettre à Mgr Landriault, évêque de Timmins, les Frère Guy Saint-Onge l’avait informé qu’il désirait rerirer un de nos Frères de Belle-Vallée, à cause de sa fatigue et lui offrait les services de notre Frère Marcel «agent de pastorale de la paroisse Notre-Dame-de-bon-Secours de Belles Vallée et ministre extraordinaire de la Communion» ce qui équivalait à devenir «curé in partibus». Marcel note :«j’en remercie le Seigneur, malgré mon indignité.»

Comme toujours, il prend sa nouvelle obédience à cœur. La simple liste des tâches qu’il assume, selon ses écrits, montre quel effort quotidien il dut fournir pour les remplir.

À l’extérieur de la communauté : agent de pastorale, administrateur de la paroisse, tâche qui aurait suffi à combien d’autres!, secrétaire-comptable, bedeau : sans compter la visite des familles de la paroisse, les réunions des congrégations paroissiales, les réunions des Chevaliers de Colomb, les réunion des prêtres de la zone, les réunions au niveau diocésain…

À l’intérieur de la Fraternité de Belle-Vallée qui comptait avec lui quatre Frères occupant le presbytère : engagement la la vie fraternelle, présence à tous les exercices spirituels, achats nécessaires pour la vie quotidienne, propreté à l’extérieur de la maison (garage, auto, hangar,…). Comme l’on dit spontanément devant un exploit : « Il faut le faire!.»

Les distances ne l’empêchaient pas de participer aux réunions communautaires provinciales. Il en profitait pour faire une rapide visite chez les siens. Mais il ne s’attardait guère. Dès qu’il le pouvait, il repartait de bon matin et franchissait les 750 km qui le séparaient de son domaine paroissial. Ses ouailles savaient apprécier son zèle et son tact et les fidèles surent le prouver par de grandioses célébrations à l’occasion des cinquantième et soixantième anniversaires de sa première profession religieuse relatés dans les journaux locaux de New Liskeard.

La seule absence qu’il se permit fut un retour aux sources des familles Monette avec de nombreux parents, du 9 au 24 septembre 1995 : il visité les principaux endroits de France où avaient vécu ses ancêtres : Rouen, Saint-Malo, La Rochelle, Angoulême, Tours, Paris…

À l’occasion du Jubilé d’or de sa consécration religieuse, un Provincial rendit ce témoignage :«Religieux dévoué et sincère d’une grande charité, plein de délicatesse, tout entier donné aux siens, Frère Marcel puise dans la prière prolongée et l’union au Christ, la force et l’éloquence de son témoignage religieux

Bien qu’il eût une assez bonne santé, lors d’un stage à l’hôpital de Témiscamingue à la suite d’étourdissements et de faiblesse dus à l’hypertension, on l’avait prévenu de ne pas se surmener. Il se remit à la tâche avec la même ardeur. Mais en janvier 1997, un accident cérébro-vasculaire le laissa à demi paralysé. Ramené par avion à Montréal, il fut reçu à l’infirmerie, il fut confié à la maison pour personnes retraitées, l’Éden, où il reçut l’ultime appel du Maître qu’il avait vaillamment servi et attendu.

  1. Belle-Vallée où Marcel était responsable de la paroisse

    Belle-Vallée où Marcel était responsable de la paroisse

    Comme l’a souligné l’homéliste à ses funérailles dont l’évangile nous remémorait la joie du Maître trouvant son serviteur au poste :«Marcel s’est voulu tout au long de sa vie un serviteur empressé, un veilleur prompt à répondre à celui qui frappait à sa porte, dans une fidélité jamais démentie. Et après une vie de dévouement de tous les instants, il a accepté quelques années plus lourdes et plus pénibles au cours desquelles il a été invité à prendre la place laissée libre au dos de la croix du Christ Jésus dans la souffrance et la maladie. Il a perdu sa vie au service des autres, particulièrement de ceux et celles que la vie n’avait pas toujours gâtés et envers lesquels il avait une sensibilité particulière. Homme de vie fraternelle et chrétienne, il savait témoigner à tous une délicatesse empreinte d’intérêt et d’amour qui manifestait clairement sa certitude intime d’être aimé de Dieu» L’éternité bienheureuse en sera la suprême confirmation.

Frère Adélard Faubert, f.s.g.

«SUIVANT:  no 8                                                                                           PRÉCÉDENT: no 6

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